RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 18 Mai 2012Musique

 Alice

Alice

Tom WAITS

anti - 2002

Et ta critique ?




Jazz et bluesy, c'est le son estival d'Etat Critique.Parce qu’il ne fait décidément jamais rien comme les autres, après 3 ans de silence, oncle Tom revenait en 2002 avec… deux albums d’un coup : Blood money et Alice ! Alice a obligatoirement nos faveurs. Une merveille.


Deux raisons à cela : l’hommage implicite à Lewis Carroll et le climat général de cet album, empreint d’une nostalgie et d’une tristesse indicibles.

En 15 chansons, Tom Waits et Kathleen Brennan, sa compagne de plus en plus impliquée dans son travail de créateur, nous livrent une vision très personnelle de l’univers d’Alice au pays des merveilles, résultat d’un travail effectué en 1992 pour un opéra de Bob Wilson.

Mais surtout, Alice permet de se délecter du Tom Waits que l’on aime par-dessus tout, de plus en plus éloigné de l’imagerie rock traditionnelle et de plus en plus ouvert à d’autres genres : blues, bien sûr, mais également jazz. Finalement, toutes ces musiques enfumées et parfumées aux vapeurs d’alcools forts, chantées d’une voix plus grave que de raison, du fond d’une cave voûtée, devant quelques amateurs affalés dans des banquettes peu confortables, les yeux plissés de plaisir.

Parce que si l’on excepte deux ou trois morceaux détonants, dans la grande tradition outrée du personnage (Everything you can think, Kommienezuspadt et We're all mad here), Alice est un album d’apaisement et de mélodies poignantes qui amènent les larmes au bord des yeux plus souvent qu’à leur tour.

Du saxo jazzy légèrement enroué et totalement hypnotique d’Alice, le premier titre de l’album (que l’on aimerait ne jamais voir finir) aux Fish and bird et Barcarolle qui le clôturent, ou presque, ce disque est un pur enchantement. Impossible de ne pas se laisser embarquer par Poor Edward (et ses accents à la Brassens), par Lost in the harbour (sorte de My way digne : sortez les mouchoirs… ou faites-vous psychanalyser) ou par Fawn, le final instrumental et lacrymal. On y trouve même un hommage évident au Iggy Pop "kusturicien" de Arizona dream sur Reeperbahn !

Merci Monsieur Waits de tant de talent, de tant de liberté et de tant de maturité transformés en pur bonheur, de ceux qui s’accroissent à chaque écoute sans jamais lasser. Du fond du cœur, Merci.



Joel Fomperie

© Etat-critique.com - 11/07/2011