Avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter et Crispin Glover - Disney - 24 mars 2010 - 1h45
Et ta critique ?
Pour le merveilleux, il faudra repasser. Alice se promène désormais au pays du numérique!
Le noir et blanc va très bien à Tim Burton. Ces héros sont souvent habillés dans des costumes à rayures noires et blanches. Son meilleur film est en noir et blanc (Ed Wood). Le noir et blanc est la couleur des films gothiques qui ont fait le style et le goût du réalisateur de Sleepy Hollow!
Quand il y a de la couleur, le metteur en scène semble un peu plus maladroit dans ses choix! Big Fish était sa première faute de goût tandis que Charlie et la chocolaterie était une oeuvre plutôt indigeste visuellement.
Pour le retour de la blonde Alice au Pays des Merveilles, Tim Burton doit faire avec du rouge, du vert, du sépia et des petits cochons roses. Il a beau mettre des troncs d'arbres morts un peu partout dans les décors, il compose avec des couleurs fortes et surtout une reine blanche, qu'il écrase de ridicule. On se demande s'il ne le fait exprès. On en vient à espérer que le pouvoir ne lui revient pas si Alice met fin à au règne de la Reine Rouge!
Car Alice, promise un lord anglais crétin, revient dans le Pays des merveilles pour sauver l'extravagante population de la Reine rouge, tyran grotesque qui coupe la tête de n'importe qui dès qu'elle le peut.
Jouée par Helena Bonham Carter, avec une tête difforme, la Reine rouge apporte de la fantaisie et de l'humour à un film beaucoup trop sage pour Burton.
Tous les comédiens sont bons et élégants (Johnny Depp s'est fait la tronche de sa femme) à l'exception de la pauvre Anne Hathaway dans le rôle de la Reine Blanche. On l'avait laissé avec un Sweeney Todd d'une noirceur réjouissante. On le voit ici jongler sans grande conviction avec ses thèmes et ses tics visuels.
Pour Disney, il assure le minimum d'ambigüités. Il y a bien sûr le joli couplet sur la laideur (et la beauté qu'elle révèle) et les peurs quasi enfantines (la forêt, la solitude) mais son film ressemble aussi au Monde de Narnia en faisant de la jeune Alice, une Jeanne d'Arc héroïque.
Le scénario est d'une paresse insupportable lorsque l'on connaît la folie qui peut habiter le cinéma de Tim Burton. Un peu comme Charlie, Tim Burton se laisse aller à des effets spéciaux un peu trop voyants pour être harmonieux. C'est un peu de la bouillie infographique... Reste qu'un mauvais Tim Burton n'est pas un mauvais film. Dans le style "animaux qui parlent", cette vision du livre de Lewis Carroll vaut tous les Disney du Monde!