Voici ce que votre serviteur a bien aimé l'année dernière. Une année à son humble avis en dessous de 2008 mais où il a parfois fallu fouiller loin des disques les plus acclamés pour trouver du bon, voire de l'excellent.
Antony & the Johnsons – The Crying Light
Paru en tout début d'année, ce disque est resté pour moi le meilleur de l'année. Meilleur, oui, ou en tout cas au moins égal à "I Am A Bird", plus acclamé. Antony en fait moins des caisses, la production est réduite au minimum, l'ensemble est à la fois léger (dans la forme) et profond. Plus mystique aussi peut-être.
Raekwon – Only Built For Cuban Linx… part II
On peut difficilement imaginer plus different d'Antony que Raekwon. Le bad boy du Wu Tang Clan nous pond là une somme rap incontournable. Alors ne vous arrêtez pas à la pochette cheap et violacée, ni aux 24 titres (quand les rappers sauront qu'on n'est plus dans les années 90 et qu'on est plus obligés de remplir les 80 minutes d'un CD ?), car le contenu de cette galette est riche et varié, avec dans le rôle de la frangipane, à peu près tous les membres du Wu en ordre dispersé, qui rappent ou produisent. De quoi nous faire attendre un prochain Wu Tang ? Chronique plus détaillée à venir sur cet album qui le mérite bien.
Anthony Joseph & the Spasm Band – Bird Head Son
Ce poète reconnu en Grande-Bretagne pour ses écrits est également un excellent musicien, adepte d'un voodoo funk torride teinté d'Afrobeat. Comme si Fela, Gil Scott-Heron et Growling Tiger (star du calypso) se réincarnaient en un seul homme. Sur cette musique black comme l'ébène, Anthony déclame ses textes et évoque son enfance carribéenne mais aussi les joies et les peines de la diaspora noire en Europe.
Levon Helm – Electric Dirt
Le batteur du Band sort son deuxième album solo en 2 ans, après le superbe Dirt Farmer. Toujours épaulé par sa fille et le guitariste et producteur Glenn Campbell, il arrive à faire lui aussi encore mieux, plus électrique, plus éclectique aussi, convoquant folk, country, blues, rock et soul, bref tout ce qui fait la musique de son Sud natal. Généreux et précieux.
Fredo Viola – The Turn
Il s'était fait connaître depuis longtemps sur la planète Internet, et sortait cette année son premier album. Parfait équilibre entre tradition et modernité, un album qui repose sur une voix aux possibilités infinies, une science des harmonies vocales et un sacré penchant pour ciseler des mélodies pop. Les instruments, les machines et les voix se confondent et ne forment plus qu'un parfois, un peu comme chez Robert Wyatt. Céleste et ludique à la fois.
(lisez les chroniques de ces albums en cliquant sur les titres)
Nicolas Lejeune
© Etat-critique.com - 31/01/2010