Avec Shakir Kabaha, Youssef Sahwani, Ibrahim Frege et Fouad Habash - Ad Vitam - 7 avril 2010 - 1h58
Et ta critique ?
Un Palestinien et un Israelien s'allient pour faire du Scorsese. Ca marche!
Ce sont des destins croisés. Liés par une violence qui électrise le quartier d'Ajami à Jaffa en Israel. Omar a dix neuf ans et doit gérer une situation critique dans sa famille. Son oncle a tiré sur un type important d'un clan voisin. Ce dernier réclame vengeance.
Malek, jeune clandestin, cuisinier ne sait pas comment faire pour gagner de l'argent pour sa mère malade. Il fera des mauvais choix. Binj est amoureux d'une chrétienne. Il se rend compte que la pression qu'on lui met est insupportable.
Enfin il y a Dando, un flic juif hanté par la disparition de son jeune frère, militaire... Leurs histoires sont affreusement banales dans une société meurtrie par le conflit israelo-palestinien. La violence est partout. Dans la rue. Dans les familles. Dans les paroles.
Chaque instant dans ce quartier où cohabitent toutes les religions devient un moment de tension insoutenable. Plutôt que nous faire une belle démonstration affligée sur l'état de la société israelienne, les deux auteurs du films, Scandar Copti et Yaron Shani, réalisent un authentique exercice de style.
Découpé en chapitres, Ajami impressionne par sa narration virtuose, qui rebondit dans le temps, sur différents points de vue. Ce qui fait monter l'exaspération des protagonistes jusqu'au point de rupture. Le scénario est un exemple réussi de progression cauchemardesque.
La vie des personnages ressemble à des noeuds qui se serrent de plus en plus les uns avec les autres. Les destins sont douloureusement liés mais surtout funestes.
Ajami devient un polar urbain et réaliste. Les personnages, tous joués par des amateurs tous excellents, deviennent aussi pathétiques et profondément touchants. Le film se sert de sa structure complexe pour nous approcher au plus près du drame. Il n'est pas politique. Il est humain. Il est scandaleux. Ce film devient salutaire. Un polar utile!