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Jeudi 23 Février 2012Art-scène

 Air Lines (2008)

Air Lines (2008)

EA SOLA

du 18 au 22 janvier 2011 Théâtre des Abbesses - 75018 PARIS

Les commentaires

seb

Le 20/01/2011

Bon ben voilà... c'est dit...

Et ta critique ?




 

N’est pas Maguy Marin qui veut !

 

 

Des bâches plastiques scotchées au sol, des ventilateurs  posés par terre, un drap blanc en fond de scène. Une femme arrive au ralenti. Les ventilateurs se mettent en route, et soulèvent le plastique comme une vague.

 

Ea Sola -chorégraphe et interprète, vue dans Le corps Blanc en 2009- continue d’évoluer au ralenti tandis que sont projetées sur le drap blanc des images d’africains entassés sur un bateau, candidats malheureux à l’émigration. Puis, Ea Sola revêt une perruque blond-platine et, pantin désarticulé, tire sur l’écran avec un fusil à ventouse. C’est triste à dire, mais on touche alors au ridicule.

 

Ea Sola exploite ensuite la thématique des drapeaux. Le drapeau européen est planté. Puis supplanté, par celui des États-Unis d’Amérique, lui-même détrôné à son tour, à la fin du spectacle, par le drapeau chinois. Tout ça pour en arriver là ; quel spectacle visionnaire !

 

Entre-temps, drapeaux et noms de tous les pays du monde auront défilé à l’écran, dans un bruit assourdissant, le bruit de rigueur dans les spectacles de danse contemporaine où l’on n’a rien à dire, et qui symbolise ici la cacophonie des nations.

 

Ea Sola essaye de nous dire quelque chose, de nous faire comprendre que le monde est injuste, que la vie des individus est différente selon l’endroit où ils naissent. C’est bien, on révise sa géographie, voire même sa philosophie.

 

Autant Maguy Marin est assez forte au jeu du minimalisme scénique, autant il n’y a rien à comprendre ni à retirer d’Air Lines.

Si Maguy Marin est capable de marteler brillamment une idée pendant tout un spectacle (comme dans Ha ! Ha ! ou plus récemment dans Description d’un combat) et de véhiculer un message qui continuera de résonner en nous après plusieurs années, il n’en va pas de même pour Ea Sola, qui propose un spectacle bien trop intellectualisé pour être, ne fut-ce qu’un instant, émouvant.

 

Je ne pense pas être le dernier des cons, mais franchement, franchement, on s’ennuie ferme. C’est tout.

Et j’ai du mal à croire qu’on puisse apprécier sincèrement ce spectacle, si ce n’est pas pur snobisme. La grande question est : pourquoi le Théâtre de la Ville a-t-il sélectionné « Air Lines » ? Ce spectacle date de 2008 ; les programmateurs auraient donc du avoir le temps de voir sa médiocrité, non ? N'auraient-ils pas pu plutôt donner sa chance à un jeune chorégraphe?

 

Les spectateurs, eux, ne s’y trompent pas : seule la moitié d’une salle à moitié vide applaudit à la fin, et encore, poliment.

 

http://www.theatredelaville-paris.com/

 


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 20/01/2011