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Vendredi 18 Mai 2012Musique

 Aimer ce que nous sommes

Aimer ce que nous sommes

. CHRISTOPHE

(AZ - 2008)

Les commentaires

michel

Le 09/09/2008

c'est une fiante humaine ce type

Et ta critique ?




 

Aimer ce que nous sommes, voilà le vénérable conseil que nous offre le doyen Christophe. Aimer son nouvel album, c'est une toute autre affaire.

Je suis toujours ailleurs confesse le moustachu le plus célèbre de la chanson française. Il faut dire que débuter son disque sur une bonne grosse nappe de synthétiseurs puis saupoudrer le tout avec la voix de la diaphane Isabelle Adjani et un "wowowowo" psalmodié, il faut être ailleurs, entre 1981 et 1986.

Il n'est pas de bon ton de se moquer du chanteur et de son improbable come back depuis quelques années. La presse a encore salué sans réserve ce dernier essai.

Pourtant les premières chansons de ce nouvel album ne sont pas faciles à ingurgiter. Christophe est un poète lunaire. Quand on l'écoute, on se sent un peu con comme la Lune.

Il y a une vraie sincérité et une sensibilité indéniable. Le disque continue de développer, avec des synthés, de l'électro et des objets sonores un peu plus rock, un univers cinématographique, étrange et suggestif. Il y a de l'émotion malgré les énormes artifices.

Stand 14 et Interview de sont des chansons hypnotiques, habiles et mal polies. Avant d'arriver à ces bons morceaux, on aura tout de même dû passer par des choses plus douteuses comme Tonight tonight ou Mal comme.

Le premier degré et les paroles brumeuses de l'artiste s'étalent dans la première partie du disque et la fin, grand moment de ringardise. Le bonhomme est une icône qui brille mais c'est seulement par intermittence.

Il n'a pas peur de déstructurer ses chansons, d'introduire des instruments et des styles variés. La mélancolie de Christophe ne ressemble à aucune autre. Mais elle est aussi désespérante de maniérisme. Il est possible d'être fatigué par les labyrinthes sonores et les acrobaties musicales où le chanteur se repose. Il débite plus qu'il ne chante des textes, pas toujours convaincants.

Il y a une vraie modernité chez Christophe: il y a aussi un sérieux trop écrasant et trop évident. Ses ambiances ouatées nous bercent plus qu'autre chose. Sa voix de rêve a fini par nous endormir... ou nous fatiguer!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/09/2008