Une pile électrique s’exprimant dans une langue bizarre et maniant l’humour noir pour dire à sa femme des horreurs misogynes, ça offre forcément un bon moment de rigolade.
Parler sans consonnes, est-ce possible ? Selon Bernard Azimuth, face à la complexité de la langue française, la pratique s’avère même plus simple. Le public hilare en a été témoin à travers diverses démonstrations. Tout d’abord en enlevant le C, puis le T et ensuite le R. Quand le comique appelle « A-e-ine », tout le monde comprend ce qu’il dit à Catherine… Une prestation d’acteur loin d’être simple.
Le rire s’invite aussi quand Bernard Azimuth raconte dans son propre langage une visite chez des amis. Le monde des Schtroumpfs sur la scène de cette ancienne grange donne là encore des belles séquences de rire.
Arrive la dispute conjugale : recette connue mais qui fonctionne. Femmes et hommes se tapent une barre quand le comédien raconte le retour du théâtre en compagnie de son épouse. « Une engueulade, mais une engueulade », décrite dans les moindres recoins. Misogyne, il assène des réflexions inqualifiables à sa bien-aimée qui finira par prendre la porte. « Profite en pour descendre la poubelle s’il te plaît. »
Mais ce qui rattache Bernard Azimuth au Café de la Gare, c’est l’envie d’expliquer pourquoi il s’est rendu « à la soirée du vendredi soir chez mes amis, comme tous les vendredis soir ». Une idée qui le travaille dès le début du spectacle. Sa véritable question consiste à comprendre pourquoi il a été à son rendez-vous habituel alors qu’une heure auparavant il avait décidé d’annuler.
Avec un rythme cardiaque proche d’un cycliste amateur de pot belge, se perdant dans des explications à n’en plus finir, on a parfois envie de lui dire d’arrêter son humour de répétition. Bien qu’à moitié amnésique, constamment en train de chercher ses mots, Bernard Azimuth n’a pas besoin de reprendre six fois des mimiques à la Louis de Funès pour faire rire. Seul défaut à noter dans un show où ce fou d’explications plus farfelues les unes que les autres se donne sans compter pour faire bouger nos zygomatiques.
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Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 01/02/2010