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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 Agora

Agora

Alejandro AMENABAR

Avec Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac et Michael Lonsdale - 6 janvier 2010 - 2h05

Et ta critique ?




Faux péplum, Agora est un vrai film malade. Généreux, un peu raté et complètement sincère!


Le prodige du cinéma ibérique se casse enfin la gueule. Surdoué, l'auteur des Autres démontrait à chaque film une grande dextérité et une fine réflexion sur l'illusion.

Agora, son projet le plus coûteux, continue d'explorer cette obsession cinématographique. Sur le sujet, il trouve toujours une belle inspiration. Il faut dire qu'il a une muse extraordinaire. Rachel Weisz est tout simplement magnifique. Avec le temps, elle devient réellement une actrice qui fait la différence.

En philosophe obsédée par le cercle et le cosmos, elle rayonne d'une dignité touchante et trouble réellement le spectateur, trop habitué au péplum pompier (dites vite 10 fois c'est très rigolo).

Car l'ambition d'Aménabar est de réaliser un péplum. Un vrai. Avec des gars en robes, des glaives ensanglantés et des histoires de pouvoir et de trahison.

La belle et brillante Hypatie forme les jeunes nobles de l'empire romain à Alexandrie. Les chrétiens se font de plus en plus remuants. Face au fanatisme, la philosophe lutte mais se retrouve rapidement désoeuvrer face à la religion...

On devine rapidement le propos du cinéaste qui dénonce les angoisses d'aujourd'hui. L'Histoire est un miroir. La tragédie vécue par les personnages du film pourrait être contemporaine. L'auteur de Mar adentro ne fait pas dans la demi mesure.

Les méchants sont habillés tout en noir. La foule est en bleue. Et les héros ont des toges lumineuses. Le cinéaste embrasse tous les clichés avec plus ou moins de bonheur. Son film souffre d'un rythme saccadé.

C'est un grand spectacle mais on devine que le cinéaste préfère se consacrer à son héroïne. Face à l'obscurantisme, son savoir fascine et dérange. Son entêtement devient passionnant.

Hélas, Aménabar doit remplir son cahier des charges. Il le fait un peu laborieusement (marre des musiques esotérico-orientalisantes). On le devine mal à l'aise mais convaincu par son projet. Cela donne un drôle de résultat avec des scènes sublimes (avec Rachel Weisz) et d'autres mal foutus. Il y a du coeur dans cet Agora mais il bat par intermittence. C'est déjà pas mal.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 09/01/2010