Pas toujours très fin, After the Wedding témoigne de la bonne santé du cinéma danois et réconcilie avec les commandements du mélodrame familial.
Jacob tient un orphelinat en Inde. Il court après des fonds pour sauver l’institution. Un riche danois est prêt à subventionner la démarche si Jacob se rend au Danemark pour rencontrer l’investisseur. Il découvre Jorgen : un type bourru, jovial et assez avenant. Il invite Jacob au mariage de sa fille. Là bas, Jacob va retrouver son amour de jeunesse, Hélène, devenue l’épouse de Jorgen…
Les catastrophes vont s’enchaîner ainsi que les révélations. Le hasard a la main lourde sur cette famille scandinave. Heureusement Suzanne Bier joue habilement avec les règles du mélo. Le destin a-t-il été provoqué par Jorgen ? Pourquoi ? Que fuit Jacob ? Les questions se succèdent rapidement et la réalisatrice maintient un suspense vibrant et malicieux.
A un drame familial, où de lourds secrets pèsent sur les individus, Suzanne Bier propose une réalisation musclée, qui colle au plus près des comédiens. Cela rappelle bien évidemment le dogme de Lars Von Trier et, à plus d’un titre, le souvenir de l’excellent Festen revient en mémoire. Cette mise en scène étouffe et il devient difficile de ne pas s’émouvoir pour cette famille étrange.
Il est possible de se sentir pris en otage émotionnellement ; il faut aussi apprécier toute l’énergie du désespoir que transpire le mélo et que la réalisatrice réussit à faire ressentir. Rien n’est lisse et la fadeur n’existe pas dans After the wedding. Il n’est pas étonnant qu’Hollywood fasse les yeux doux à la réalisatrice (le film fut nommé dans la catégorie meilleur film étranger). A l’intérieur des conventions, elle parvient à capter des vérités.
Sa réalisation n’est pas la plus élégante. Les gros plans sur les regards perdent de leur saveur au fil des minutes. Les crises de larmes sont un peu trop nombreuses sur la fin. Néanmoins, After the wedding aidé par de somptueux acteurs (dont le troublant Mad Mikkelsen), ne laisse pas indifférent. Il ne provoque pas le même choc que Festen mais reste une lecture captivante de conventions trop utilisées.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 09/03/2007