Humour et danse ont rythmé ce spectacle coloré visant à faire découvrir à l’Occident la vie en Afrique du Sud. C’est grâce à ses mimes qu’Eric Bouvron nous faire rire.
Le métissage n’est pas un vain mot pour Eric Bouvron. Né en Egypte d’un père français et d’une mère grecque, cette boule de nerfs au physique de cadre sup’ a grandi en Afrique du Sud. L’intéresssé sait donc de quoi il parle lorsqu’il pousse des cris d’oiseaux. Ou encore mieux : lorsque ce narcissique qui s’assume les mime.
Autant on peut reprocher à Eric Bouvron d’avoir une facheuse tendance à pencher vers Benny Hill. Mais on lui pardonne ces quelques lourdeurs quand il taquine le public, qu’il s’en prend à plusieurs reprises à une pauvre innocente pour lui apprendre la patience, et qu’il demande une liste de sports à mimer. Du rire aux éclats entre tennis et curling. L’interaction avec le public parisien a bien pris.
Le Casino de Paris a également salué avec force ombres chinoises et dessins du comique. La salve d’applaudissements reçue par Renald Zapata, peintre de génie qui a offert une ballet de pinceaux en moins de 5 minutes, n’était pas volée. Balançant son corps de droite à gauche au rythme du violon et de la guitare des Yeux Noirs, comme pour mieux jeter des touches de blancheur sur un visage de paix. Jusqu’à la dernière seconde, où l’artiste chauve retourne son dessin, le public s’interroge sur le sens de ses gesticulations. Nelson Mandela fait alors son appartition. Grandiose !
Née dans les towhships de Johannesburg, la pantsula jive n’a rien de drôle. Mais quand un guignol décompose cette danse, qui repose sur un déhanché où le mouvement des deux fesses sont dissociés, ça donne de quoi rire. Impressionnant que ce booty shake couplé à une crise épileptique ! Les mouvements des jambes et des bras, très saccadés, donnent envie de prendre part à la danse.
Il serait malhonnête de ne pas saluer le joli travail de mise en scène de Sophie Forte. Un final haut en couleurs ou Matos - musicien et confident de Bouvron que l’on croit Africain mais avoue in fine être né dans le 18e à Paris – vient épauler au tam-tam la pile éclectique qu’est le pétillant Eric Bouvron.
Autre moment comique de la soirée : la première partie proposée par l’imitateur Eric Blanc. Trente minutes où ce grand comique noir joue sur les codes et les clichés interraciaux. On aime ces deux beaufs blancs prêts à se cogner qui ne comprennent pas le discours pacifiste des Lumières prôné par ce jeune black. On adore quand il se mue en chef d’Etat africain « autocrate démocratique ».
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 22/02/2010