Avec Louise Bourgouin, Gilles Lellouche, Jean Paul Rouve et Mathieu Amalric - Europa corp - 14 avril 2010 - 1h40
Et ta critique ?
Besson s'inspire de Tardi pour revenir à la réalisation. Presque une bonne idée. Après Loulou, voici Luluc la Brocante!
Le désespoir accompagne tout discours sur Luc Besson, un auteur devenu producteur devenu financier du cinéma français et qui fait du cinéma, un commerce pas très attirant d'un point de vue artistique.
Après une retraite bien méritée, il retrouve la force de revenir à la réalisation. En adaptant les aventures de la journaliste Adèle Blanc sec, héroïne du dessinateur Tardi, Besson avait le mérite d'échapper à son univers habituel.
Après tout, un personnage féminin aussi fort ne pouvait que séduire l'auteur de Léon et Nikita. Retrouver le cinéaste dans une reconstitution du début du Vingtième siècle pouvait susciter la curiosité.
Il se débrouille bien. Le Paris de 1912 est fascinant et joliment restitué à l'écran. Miracle, il parvient à obliger Eric Serra à écrire un score audible. Si certains effets sont foireux (Adèle sur l'animal préhistorique, eurk!), il y a une jolie atmosphère qui berce nos émotions d'enfants, nos envies de fantaisie.
C'est l'indulgence qui l'emporte. En grande partie grace à la belle Louise Bourgouin. Elle est une aventurière crédible, tout en second degré et très agréable à regarder. Elle parvient à faire oublier les nombreux défauts d'écriture du cinéaste.
Cela a toujours été le problème de Luc Besson. Ses dialogues sont fades et son histoire, qui réunit deux albums, n'a pas beaucoup d'intérêt. Visuellement riche, le film navigue un peu à vue, avec des personnages qui ne font que passer et un enjeu d'abord obscur puis terne (Adèle veut sauver sa soeur par tous les moyens de la mort cérébrale qu'elle a provoqué).
A part le beau personnage principal, les reproches coutumiers sont là. Cependant avec ses décors art décos et tous les costumes kitsch, le film parvient à son objectif: faire passer un bon moment. Il ne faut pas être regardant mais les momies, le ptérodactyle et Adèle Blanc Sec ont de quoi séduire.