Oui c’est vrai, c’est très difficile d’être actrice. Il faut apprendre son rôle par cœur, avoir l’air convaincante, supporter tous ces hommes qui vous tournent autour parce qu’on est jolie.
Et puis il faut aussi se battre pour ne pas mettre une robe verte, enchaîner les répétitions et attendre le bus pour rentrer chez soi… Un quotidien devenu de plus en plus difficile pour Marcelline, star du théâtre chouchoutée par la critique mais effrayée par la quarantaine.
Comme nombre d’autres femmes beaucoup moins riches et beaucoup moins belles, Marcelline est célibataire, a quarante ans, et toujours pas d’enfant.
Une vérité dont elle a l’air de prendre conscience comme ça un beau matin : " toutes ces années ont passé et je suis encore toute seule ". C’est bien fait, aurait-on envie de dire, tant ses jérémiades vont vite finir par nous assommer.
Globalement salué par la critique lors de sa sortie en décembre 2007, auréolé d’un prix Spécial du Jury dans la sélection Un certain regard lors du Festival de Cannes 2007, le deuxième film réalisé par Valeria Bruni Tedeschi est pourtant quelque peu ennuyeux (c’est presque un euphémisme, presque).
Et ce malgré la présence de drôles de fantômes, comme celui de Nathalia Petrovna, l’héroïne de la pièce de Tourguéniev " Un mois à la campagne ", que Marcelline répète avec difficultés. Ou comme celui de son père décédé, revenu pour consoler sa petite fille chérie attristée de ne pas être encore maman. Entre deux névroses ou plus, Marcelline tente de trouver refuge dans les églises, espérant peut-être un miracle, ou au moins une explication sur cette subite crise de la quarantaine.
Les personnages secondaires interprétés par Mathieu Amalric, Louis Garrel ou Noémie Lvovsky, plutôt réussis, ne nous sauvent même pas de l’ennui.
Certains acteurs auraient-ils tendance à trop se regarder le nombril ? C’est un peu le sentiment qui prévaut, après 1h45 de " questionnements oedipiano existentiels à tendance clairement psychanalytiques ", le tout dans un très bel immeuble des quartiers chics parisiens.
Une réalisatrice-actrice qui fait un film sur les problèmes d’une actrice qui se morfond d’être actrice… En étant cruel, on se dit que finalement, ça aurait peut-être été plus simple de ne pas être actrice du tout.
Anne Lucie Acar
© Etat-critique.com - 16/07/2008