Jazz et bluesy, c'est le son estival d'Etat Critique. Des mélodies chatoyantes et une navigation harmonieuse pour un voyage grisant à travers un jazz mésestimé.
Comme guide, vous pourrez reconnaitre la voix de Cassandra Wilson. Pas mal pour vous accompagner. La chanteuse intervient deux fois dans le disque du Panaméen Danilo Perez et elle nous fait sacrément plaisir. Chaude, sa voix fait merveille dans la mer de cristal que tente de nous faire découvrir le musicien.
Ce dernier nous invite à un voyage céleste et mélodieux. Le pianiste a demandé à son ami Claus Ogerman de diriger son paquebot symphonique.
La croisière ne sera pas au rabais. Elégant, l'équipage rappelle les compagnies d'une époque révolue, celle d'Antonio Carlos Jobim. Classique, le piano est donc suivi d'un orchestre magnifique, capable de se faire discret.
Pas de plage pompeuse dans cet album et une vraie redécouverte d'un jazz soyeux et mélancolique dans le bon sens du terme. Danilo Perez fait revivre un tout univers fascinant, mêlant des violons à des rythmes chaloupés. Lancinante, la musique charme sans mal. On nous embarque dans une ambiance de vieux James Bond, dans un casino ou en croisière. C'est glamour et suave. Parodique? Perez et Ogerman prennent cela au sérieux. Ils ressuscitent un style qu'on réduit trop vite à de l'easy listening.
Car en réécoutant l'album, on devine le raffinement des arrangements et le plaisir du pianiste, amoureux aussi de Cassandra Wilson qui apporte un peu d'érotisme à l'ensemble. Un disque romantique dans le bon sens du terme!