Depuis quatre ans et un album tout fade, le trio de REM avait littéralement disparu. Dans un sursaut d’orgueil, le groupe livre un bon gros morceau de rock bien engagé et sacrément énergique. Salvateur.
Exténué, REM s’était complètement parodié avec Around the sun, album mal aimé et mal foutu.
Stipe a préféré lutter contre le gouvernement Bush.
Peter Buck a continué à jouer de la guitare avec des groupes inconnus.
Mike Mills a fait pareil avec sa basse.
Il n’y avait plus grand chose à attendre du groupe qui parvient pourtant à sortir un album inespéré. Avec un titre comme Accelerate, le groupe veut montrer qu’il s’est dérouillé et que le rock qui a fait sa légende resurgit de nulle part.
REM s’est exilé à Dublin, sous les conseils de The Edge et a peaufiné ses nouvelles chansons en concert. En 5 sets, le groupe a fait remonter son inspiration première. Les riffs sont de nouveau accrocheurs. L’effervescence est l’enjeu premier. La simplicité de production va toujours aussi bien à l’écrite de Stipe et ses complices.
Conçu dans l’urgence et la rapidité, le groupe n’est plus une réunion de militants activistes (même si les paroles abordent la politique) mais de bons adorateurs d’un rock brut et dépouillé. Et de nouveau mélodieux et captivant.
Plus le temps de prendre la pause, REM, aidé par le producteur de Editors et The Hives, enchaîne de 11 chansons, loin de son confort et son légendaire contrat de 80 millions de dollars. L’exil irlandais permet de redécouvrir un excellent groupe de rock, au souffle retrouvé malgré les cinquante ans atteints par chacun des membres.
Les trois premières chansons sont des blocs de sons électriques qui mettent tout le monde d’accord. La guitare de Buck redevient cet objet de désir. Ce disque est le sien. Son instrument soutient quasiment toutes les compositions et on retrouve ses riffs vifs et pugnaces.
Accelerate donne l’impression d’une matière première à peine travaillée ou pensée. On y redécouvre l’essence d’un groupe que l’on avait un peu oublié.
Accélérer ou s’arrêter, c’est le dilemme qui se cache peut être derrière ce quatorzième disque. Ce qui le rend un peu plus attachant !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 19/04/2008