Jonathan Benisty sort son premier album, Abdominal. Un album qui ne devrait pas tarder à faire parler de lui. Une réussite qui mérite une écoute attentive.
Jonathan Bénisty se décompose sur la pochette. Une introspection en 11 titres qui laisse apparaître un talent évident. Avec Thècle au violoncelle, que l’on connaît déjà pour ses brillantes participations avec Syrano, Debout sur le zinc, Odelaf et Monsieur D dans un tout autre style, Jonathan vient incontestablement de réaliser ici un album de qualité.
La production est plus que soignée. Les onze titres font entendre un artiste français qui produit un chant rock de la tourmente où les voix et guitares naviguent à rythme constant sur des riffs et des mélodies d’une grande efficacité. Des variations éthérées qui laissent la place au vide et à la houle, avec une nette tendance au désenchantement. Des notes d’éther sur des syllabes étirées.
« Les mots » - un tube radio - laisse entendre les difficultés de communication du couple tandis que sur fond de clavier et de violoncelle, « Dérive » proclame un « autant se taire ». « Aveugle et sourd » prône l’introversion – arrêter de penser - pour la délivrance devant un monde absurde. Ne plus être anonyme et sans voix. Une douce neurasthénie qui se transforme en rock anglais sur « My fault ». Les guitares électro-acoustiques cadencent des textes pesés et placés là sans surcharge excessive. L’album se laisse écouter avec plaisir.
Surprenant tournant avec le dixième titre qui laisse entrevoir un nouveau potentiel musical et sonore. Steve Prestage (qui a travaillé entre autres pour Peter Gabriel ou De Palmas) a mis sa touche et le résultat fait mouche. Une apnée du silence. Le « sors de ta tête » murmuré en début de titre par Jonathan laisse entendre un bouillonnement qui s’enchaîne sur une rythmique soutenue par une batterie claire et cinglante. Une guitare fusionne et l’archer de Thècle n’a plus qu’à venir s’y frotter. Un déchirement de cordes. Une jolie élévation instrumentale qui étonne et fait du bien avant le chuchotement final de « Dors ».
On ne saurait donc que vous conseiller de tendre l’oreille vers cette nouvelle voix. Une jolie surprise qui mérite d’être largement encouragée.
Site internet : www.jonathanbenisty.com
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 21/10/2007