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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 Abandonné

Abandonné

Nacho CERDA

Avec Anastasia Hille, Karel Hoden, Valentin Ganev et Carlos Reig-Plaza Wild side – 30 mai – 1h36

Et ta critique ?




Une maison délabrée, deux acteurs survoltés, quelques effets spéciaux et une mise en scène précise ; avec cela, Nacho Cerda s’essaie à un exercice de style un peu vain mais redoutable. Le frisson est garanti.

Une productrice de cinéma revient en Russie à la recherche de ses parents. Son enquête la mène dans la campagne russe la plus lointaine. Dans une maison, elle fait de terribles découvertes sur ses origines et les événements étranges se multiplient, de plus en plus dangereux.

On va vous refaire le couplet habituel : s’il existe un pays où le film de genre se porte bien, c’est l’Espagne. Sous l’impulsion de la firme Filmax, les séries B hispaniques donnent à voir d’excellents petits films d’épouvante. Abandonné confirme cette émergence et révèle un talent, Nacho Cerda.

Son film est d’une simplicité élémentaire : il est aussi flippant. Ca faisait bien longtemps que la maison hantée ne faisait plus peur. Ici, grâce à une mise en scène intelligente, le spectateur se tient juste à hauteur des deux protagonistes de la sinistre aventure. Le résultat est percutant. L’ambiance est glauque, inconnue et fascinante.

Sorte de labyrinthe éthéré, la maison devient un cauchemar intime pour l’héroïne, rejoint rapidement par un second personnage énigmatique. Abandonné réussit en une heure trente d’imposer un univers tout en utilisant les clichés du genre.

Il y a donc des fantômes, de l’hémoglobine et des portes qui grincent. Il y a surtout du sens à tout cela. Abandonné est un exercice de style mais il est maîtrisé. Le final est un peu trop chimérique mais, pendant une bonne heure, le réalisateur fait mieux que tous les autres films sur le même sujet. On se surprend à se blottir dans son fauteuil craignant l’image suivante.

Autant dire que le pari est remporté par le cinéaste espagnol. Il y a bien quelques défauts ici et là. Cependant Abandonné parvient à faire bondir le plus cynique ou les fidèles habitués du genre. Il y a de beaux morceaux de terreur, issus du cinéma européen des années 70. La facilité n’existe pas. La sincérité transpire à chaque image. Abandonné à l’immense qualité de donner des émotions. Reste l’éternelle question sur l’envie ou non de s’abandonner à ce genre de films…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 04/06/2007