Une pièce fascinante, riche de suggestions scéniques et de références littéraires raffinées.
Un atelier de magicien, des objets anciens et énigmatiques, des marionnettes qu’on découvre petit à petit, qui prennent vie sous les yeux du spectateur émerveillé.
Se mélangent dans notre esprit une atmosphère surnaturelle, des dialogues poétiques, la magie des objets qui demandent l’éternité.
La suite des scènes crée des images mentales qui invitent à la méditation. Les personnages qui s’expriment nous demandent de suivre le fil de leurs réflexions, de leurs questions, de leur désir animés de vie éternelle.
Inspirée de L’Invention de Morel d’Adolfo Bioy Casarès, de Monsieur Teste de Paul Valéry et de toute la littérature autour du mythe de Faust, cette pièce touchante et riche de fascination met en scène le thème du caractère prométhéen des personnages qui cherchent l’éternité. Une recherche de perfection jusqu’au désir de créer l’œuvre ultime, le Livre Absolu : l’éternité de l’homme souhaite finalement se matérialiser par les Lettres.
Je vous laisse découvrir les détails des fragments de récit qui composent cette œuvre. Plastiquement, l’aspect concret des corps des comédiens glisse jusqu’à les rendre des fantômes symboliques, alors que les marionnettes acquièrent magiquement une vie propre.
Les sons, les installations vidéo, les inventions scéniques épousent magnifiquement les textes littéraires. La Pensée s’incarne, dépasse les limites physiques des corps et des objets grâce à la création d’un espace à la fois simple et irréel.
Une expérience d’hypnose méditative pour les yeux et pour l’esprit qui attend son public jusqu’à dimanche 13 avril.
Gloria Morano
© Etat-critique.com - 08/04/2008