Sur la pochette de son nouvel album, Raul Midon est entouré d’antennes. C’est vrai qu’il a bien capté le son du jazz, du R’n’B et du funk. Moins surprenant que son précédent disque, A world within a world reste une œuvre très classieuse !
Aveugle, Raul Midon est souvent comparé à Stevie Wonder. Ce dernier est un génie du piano, Midon joue les surdoués de la six cordes. Les deux hommes se sont rencontrés sur State of mind, premier disque de Midon. Le guitariste est anobli et peut désormais assumer son style.
Le style de Raul Midon est un délicieux revival du son noir américain. Une pincée de world music, beaucoup de r’n’b old school, un peu de jazz et des accents funk. Très loin de la soupe pour midinettes défoncées au Beyoncé, Raul Midon applique une ambiance très classique et presque révolutionnaire.
Car ce goût pour le passé est assez rare. Les cuivres se savourent. La guitare est caressante. Le rythme ne sort jamais d’un ordinateur ou d’un son électronique. Raul Midon suit une vieille tradition, trop vite oubliée ou mal digérée par de nombreux artistes noirs américains. Le succès commercial du premier disque prouve qu’il y a encore des oreilles sensibles à une voix suave et des instruments généreux.
Raul Midon doit avoir un grand sens de la générosité car en tant que guitariste virtuose, il n’impose pas son talent. Il se met vraiment au service de ses compositions. Bien entendu, on entend souvent ses élégants accords mais ce n’est pas une succession de morceaux héroïques.
On se laisse bercer par des chansons souvent irréprochables. C’est du funk chic et pimpant. Peut être que l’ensemble est trop poli mais le musicien est assez irrésistible d’autant que sa voix se permet d’être à la hauteur de ses illustres aînés de la soul music.
Le petit regret vient peut être de l’absence d’évolution par apport au premier disque. La formule est bonne mais Midon ne la remet pas du tout en cause. C’est certes un peu tôt mais avec une arrivée aussi tonitruante dans le monde de la soul, il est normal d’avoir de grandes espérances. Ne boudons pas notre plaisir : ce type là est une bénédiction pour tous les fachés avec le r’n’b moderne !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 02/12/2007