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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 A vif

A vif

Neil JORDAN

Avec Jodie Foster, Terence Howard, Naveen Andrews et Mary Steenburgen Warner Bros – 26 spetembre – 2h02

Et ta critique ?




On vante souvent l’intelligence de la belle Jodie Foster. Comment comprendre alors sa participation à une daube fasciste censée satisfaire l’animal qui sommeille en chacun de nous ?


Il existe une catégorie de films tellement mauvais, tant dans la forme que dans le fond que l’on préfère parler d’autre chose. D’ailleurs commençons tout de suite.

Neil Jordan a réalisé de beaux morceaux de cinéma. The Crying Game introduisait l’un des finals les plus surprenant (et mémorables) de l’histoire du cinéma. Entretien avec un vampire renouvelait le film de vampire avec une narration raffinée et une photo somptueuse. Michael Collins était une plongée magnifique dans la guerre civile qui a ensanglanté l’Irlande du Nord.

Jodie Foster, de son plus âge avec Taxi Driver en continuant jusqu’au thriller claustrophobe avec Panic Room a côtoyé les plus grands. Dans Nell, elle revisitait le mythe de l’enfant sauvage avec un superbe jeu d’actrice. On aimait frissonner avec elle en face d’Hannibal Lecter dans le Silence des Agneaux. Son parfait accent français nous laissait pantois dans Un long dimanche de fiançailles.

Joel Silver a produit un nombre incalculable de blockbusters sans originalité mais a aussi permis de concrétiser nombre de références du film américain de qualité : Une Créature de rêve (un des meilleur John Hughes), L’Arme fatale, Hudson Hawk, Le Dernier samaritain, Kiss Kiss, Bang Bang (références du buddy movie), Predator et Piège de Cristal (du très bon John McTiernan), Matrix et V for Vendetta…

Un beau jour, tout ce beau monde a décidé de se réunir pour se parler du temps, de la politique extérieure américaine, du second amendement et des avis d’imposition. Ils ont donc décidé de faire un film, car pour pouvoir payer le fisc, il faut bien bosser un peu.

Après avoir rédigé le scénario sur une serviette Starbucks, ils se sont lancés dans l’aventure. Au final, deux heures de supplice cinématographique dans lesquelles la violence est partout, y compris dans le bas du dos du spectateur en constatant rétrospectivement le prix de la place de cinéma à l’issue de la projection.

Le plan marketing du film consiste à faire un buzz autour de la polémique des dix dernières minutes du film. Je vous la révèle, histoire de vous permettre de mettre à profit deux heures de votre vie pour faire quelque chose de plus intéressant comme nettoyer le haut des armoires de la cuisine ou classer les factures qui s’entassent dans le secrétaire.

Un couple se fait agresser. L’homme meurt. La femme achète une arme pour se sentir en sécurité. Elle tue des gens méchant en se disant que de toutes façons ils l’ont bien cherché. Un policier la démasque alors qu’elle vient de retrouver les agresseurs. Le policier décide alors de la couvrir parce qu’elle a fait du bon boulot et que de toutes façons la justice c’est de la merde.

Voilà. Bon courage pour les armoires ou les factures.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 29/09/2007