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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 A very british gangster

A very british gangster

Donal MCINTYRE

Bac films – 18 juillet 2007 – 1h42

Et ta critique ?




Grand prix du festival de Cognac, ce documentaire dépeint un authentique gangster anglais avec une classe folle. Un peu trop d’ailleurs pour être objectif ! Cependant le pouvoir de fascination marche à plein régime et fait de ce documentaire, une étrange expérience.


Il n’a pas l’air très méchant au premier abord. Rondouillard et binoclard, Dominic Noonan se fond dans la masse laborieuse de Manchester. Même si l’on remarque qu’il aime les costards. Ca impressionne les personnes à qui il rend service par le biais de son entreprise de sécurité.

Une société pleine d’ironie puisque le bonhomme est connu pour être le patron d’une des plus influentes mafias de Manchester. Il a l’air sympathique et compréhensif, Dominic Noonan. Les apparences sont trompeuses. Ce type là ne compte plus les charges retenues contre lui, les procès et les années en prison.

C’est un vrai gangster. Un pur produit de la marginalité. Un exemple pour tous les jeunes qui détestent la police, l’état et qui veulent s’en sortir par n’importe quel moyen. Donal McIntyre, grand reporter, se passionne pour ce drôle de bandit.

Car Noonan sait être tendre et aimant. Il se montre parfois très effrayant, capable de menaces à ne pas prendre à la légère. Il porte une affection forte à aux jeunes de son clan. Il fréquente les pires criminels de la Grande Bretagne, à commencer par son frère, tueur à gages et accro au crack.

Les ambiguïtés du personnage sont nombreuses. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut observer un anglais, catholique, voleur et gay. Il surprend et il inquiète. Il captive le spectateur et le cinéaste. Ce dernier réalise d’ailleurs un documentaire pas très rigoureux, se laissant aller à des effets de style douteux car mettant en cause la subjectivité de son traitement.

Un documentaire ne doit pas être austère, mais Donal McIntyre s’amuse un peu trop à imiter les films de Scorsese ou de Tarantino. Il n’en avait pas besoin : Noonan et ses jeunes accolytes suffisent pour impressionner. La description de ce clan masculin, peuplé d’enfants, échappe aux stéréotypes même si la famille Noonan joue la carte de l’esbroufe.

Il faut les voir ces adolescents, avec trois poils au menton, parlaient argent, arnaques, honneur et réglements de compte. Difficile de ne pas être touché par le regard dur de Paul, rouquin de neuf ans, neveu du truand et fumeur de cigarettes compulsif. Il y a surtout le fils de Noonan, passionné de boxe et qui, à 11ans, grandit trop vite dans un monde d’adultes. Derrière la bad attitude, les regards ne trompent pas : il y a de la souffrance. Il y a une société qui ne s’occupe de ses marginaux. Il y a des maux dont on connaît la source. Le rappel que nous fait le reporter apparaît comme nécessaire et mérite son grand prix : pour avoir trouvé un personnage aussi incroyable dans la vie réelle, cela mérite tous les trophées. D’autant qu’il est en est sorti vivant !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/08/2007