Avec Michael Stuhlbarg, Adam Arkin, Sari Lennick et Richard Kind - StudioCanal - 20 janvier 2010 - 1h40
Les commentaires
roland
Le 08/02/2010
" don't you want somebody to love
don't you need somebody to love
wouldn't you love somebody to love
you better find somebody to love"
Ah Grace Slick et le Jefferson Airplane... les frères Coen ont du goût !!!
Naikmo
Le 08/02/2010
Magnifique film où les portraits et la mise en scène sont finement ciselés. Chaque personnage est travaillé dans de fins détails (la musique, l'ennui, les embrouilles, les colères) et Larry, pleutre personnage, parvient malgré les malheurs qui s'abattent sur sa pauvre vie, à sortir la tête de l'eau, sauf qu'à la fin... on ne sait. Tout cela sur fond de religion si protectrice et si enfermante dans ses traditions. Bravo les frères Coen.
Et ta critique ?
Retour sur nos coups de coeur de l'année, qui sortent en dvd. Les frères Coen sont en tête (une fois de plus) avec une chronique familiale unique!
Larry Gopnick est un type transparent. Un petit professeur de mathématiques qui attend fébrilement une possible titularisation dans son université. Il vit dans une banlieue artificielle du Midwest. Son voisin est un redneck qui éduque son fils entre la chasse et le base ball.
Les habitants des pavillons semblent absents, occupés à mécaniquement passer la tondeuse. Le rêve américain fait un peu froid dans le dos et c'est encore pire dans la famille de Larry.
Sa femme veut le quitter pour un veuf fielleux. Son fils lui parle uniquement pour réparer l'antenne. Sa fille passe son temps à sortir avec ses copines. Son frère, malade, squatte la salle de bain en permanence et se révèle un piètre arnaqueur. Larry a les nerfs qui lâchent. Juif, il décide de demander des conseils à trois rabbins différents...
Pourquoi moi? Voilà ce qu'on devine dans le regard de Larry, nouveau looser sublimé par les frères Coen. Il pourrait être l'ancêtre prude du Dude dans The Big Lebowski ou un contemporain poli du scénariste de Barton Fink. Comme toujours chez eux, le héros de leur film n'est jamais un acteur des situations. C'est plutôt la mouche du coche.
Quelle est la place de Larry dans sa petite communauté juive? Dans sa famille? Dans son boulot? Et même dans son jardin? Le seul moment où il se fait plaisir, c'est sur le toit de sa maison où il peut reluquer sa pulpeuse voisine.
A serious man raconte cette remise en question existentielle et les Coen s'applique à la rendre passionnante. Et drôle! L'ironie mordante, qui manquait tant au précédent film, Burn after reading, rayonne dans cette cruelle évocation de leur enfance. Notre héros se noie dans une multitude de catastrophes, impossible à envisager. Plus c'est énorme, plus notre héros devient humain, touchant et représente l'humanité qui souffre en silence! Ils atteignent l'universel avec une appréciation juste de l'existence.
Pour l'occasion, ils soignent les cadres, la lumière, les personnages (joués par des acteurs méconnus mais géniaux) et les petits détails, savoureux. Le Midwest des années 60 devient une étrange prison déserte pour une famille qui n'en est plus une.
La seule liberté semble être l'écoute du Jefferson Airplane ou la dégustation d'un pétard. Sinon les aléas de la vie empêchent Larry de trouver un sens à la sienne.
De la religion au principe mathématique d'incertitude, rien ne peut rassurer le petit professeur. Il a raison: à la fin du film, alors qu'il semble reprendre le dessus, une nouvelle tempête s'annonce au propre comme au figuré.
Le film rappelle que les Coen sont des clowns tristes. Dans tous les genres, ce sont des habiles équilibristes. Leur cirque habituel devient ici un magnifique monument!