Avec ce troisième album, les trentenaires de Mud Flow font leur entrée dans l'âge adulte, aboutissement d'une lente maturation personnelle et émotionnelle. Puissant.
Décidément, il se passe quelque chose de fort sur la scène belge. Sans remonter jusqu'aux glorieux "ancêtres" (Deus, Venus…), les apparitions plus récentes de formations aussi intéressantes que Girls In Hawaii, Sharko ou Ghinzu sont de nature à maintenir grandes ouvertes nos oreilles aussitôt que pointe un nouveau venu. Encore que le terme (nouveau venu) soit plutôt mal choisi s'agissant de Mud Flow qui, avec A life on standby, aligne déjà son troisième album !
Mais cette fois, le trio est passé à la vitesse supérieure en choisissant de s'investir totalement dans un album qui, à l'approche de la trentaine, leur ressemble et quitte les rivages de la pop proprette pour le grand large de l'âge adulte. Condensé de vie, de l'introspectif Sense of me en ouverture, jusqu'à la mort (Song 1)… puis à la renaissance avec New Eve (new wave ?), A life on standby passe par tous les états et nous entraîne dans une grande marée émotionnelle.
Quelque part entre Coldplay et Radiohead, Mud Flow garde le cap mélodique sans négliger l'ambition du propos ni la richesse des arrangements, que l'on doit à Rudy Coclet, déjà à l'œuvre sur les derniers albums d'Arno et de Sharko. Et le résultat est tout à fait convaincant pour peu que l'on ne soit pas à la recherche de pastilles acidulées "prêtes à danser". Mud Flow n'est pas ce genre de groupe. Mais les écoutes successives de titres aussi riches et aboutis que Chemicals, Today ou Unfinished relief finissent par toucher en profondeur le cœur des hommes (et des femmes).
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 29/05/2007