Harry Potter et Le Seigneur des anneaux sont passés par là : tous les studios veulent leur franchise d’heroic fantasy. Cela a donné de sacrées bouses à la gloire des effets spéciaux. La boussole d’or remet les pendules à l’heure.
Le merveilleux et l’heroic fantasy sont en ce moment joyeusement pillés par le cinéma. Pendant que des producteurs rêvent de ressusciter Conan le Barbare, les studios américains adaptent tout et n’importe quoi pour essayer de surfer sur la vague du Seigneur des Potter.
Après Eragon, Stardust ou La légende de Beowulf, voici donc une nouvelle aventure fantastique pleine de légendes et de créatures bizarres : A la croisée des mondes. Il s’agit de trois livres de Philip Pullman où le bien et le mal s’affrontent pour des enjeux aussi philosophiques que dangereux. En sous texte, l’auteur voulait dénoncer l’histoire de la religion chrétienne.
Dans un monde parallèle au notre, les êtres humains ont leur âme représentée par un animal. On appelle cela un daemon. Par exemple, si un félin vous représente, cela veut dire que vous êtes sympa. Si c’est un lièvre, vous êtes malin. Si c’est un singe, vous êtes rusé. Si c’est un bonobo, ce n’est pas terrible… Vous voyez le principe !
Ce monde parallèle ne manque pas de surprendre d’autant qu’une petite fille, Lyra, découvre que le Magisterium, haut pouvoir politique veut écraser le conseil, qui soutient un professeur qui a la drôle d’idée de vouloir découvrir les autres mondes parallèles, par le biais d’une force naturelle, appellée . Or le magisterium considère cela comme une hérésie. Mais la jeune fille serait l’élue et pourrait être la solution à la guerre qui s’annonce…
C’est donc très classique. C’est du Star Wars version rétro. Le cinéaste Chris Weitz s’amuse comme un fou avec des décors qui dans les meilleurs moments rappelle Brazil et même Kubrick. Ce qui n’est pas rien. L’histoire est tortueuse mais se limite à une copie féminine de la saga de George Lucas. En gros, vous remplacez « Luke, je suis ton père » par « Lyra, je suis ta mère ». Heureusement, la différence se fait autre part.
Les détails sont élégants. Le film fait preuve d’une certaine finesse qui étonne. La petite actrice, Dakota Blue Richards, n’est une infatigable tête à claques. Ressortir Sam Elliott (Roadhouse quand même) de sa boite texane, c’est une excellente idée et on se laissera charmer par les tenues sophistiquées de Nicole Kidman et les envolées d’Eva Green dans le ciel.
Le style rétro est plaisant : cela change de nos habitudes. Pas de dragons. Pas d’elfes. Mais des animaux plus ou moins fourbes et souvent très nobles. Bien entendu, le film n’a pas la classe et l’importance de la trilogie de Tolkien, cependant il a le mérite de rehausser le niveau. Le premier volet de cet saga est la croisée de deux mondes : la série B peu inspirée ou une chouette aventure immersive de cinéma !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 21/12/2007