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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 A l'intérieur

A l'intérieur

Alexandre BUSTILLO et Julien MAURY

Avec Alysson Paradis, Béatrice Dalle, François Régis Marchasson et Nathalie Roussel La fabrique de films – 13 juin 2007 – 1h20

Et ta critique ?




Evitez la séance du matin pour voir ce film d’horreur à la française. Hommage à l’épouvante gore, les auteurs se sont littéralement lâchés sur grand écran. A l’intérieur est viscéral et intense. Attention, âmes sensibles s’abstenir ! Dans tous les sens du terme, ce film se sort les tripes.


Jeune veuve suite à un accident de voiture, Sarah est à quelques heures de l’accouchement. La télé rend compte des émeutes en banlieue, la jeune femme se dispute avec sa mère et seul son patron arrive à la sortir de sa léthargie. Malgré l’imminente naissance, Sarah vit dans la déprime la plus totale.

Mais le destin va mettre sur sa route, une mystérieuse femme brune. Celle-ci en veut au bébé qui est dans le ventre de Sarah. Cette étrange personne est prête au pire pour récupérer l’enfant…

Depuis Baby blood, le cinéma français n’avait pas autant déversé de l’hémoglobine sur pellicule. Le film de genre manque cruellement dans la production nationale et il faut saluer l’ambition d’Alexandre Bustillo (ancien rédacteur de Mad Movies) et Julien Maury : réaliser un authentique film d’horreur.

Le pari est largement relevé. L’ambiance est poisseuse et austère. Pas de second degré ou de cynisme. Les deux réalisateurs défendent une histoire aussi basique qu’improbable, avec une audace assez rare. A l’intérieur glisse vers le grotesque mais revient aussitôt vers des contrées inhabituelles entre drame intime et fureur gorissime.

A l’intérieur est un film très mal poli et c’est sa première qualité. Il malmène le spectateur. L’image est sombre. Les comédiens adhèrent à fond au délire excessif. Les deux auteurs connaissent leurs classiques et citent avec intelligence les maîtres du genre : Argento, Carpenter etc.

Les références sont connues mais le duo s’en sert pour une habileté incroyable : la limite des moyens devient une force. L’unité de lieu et l’unité de temps étouffent rapidement le spectateur. Les points faibles du scénario semblent dérisoires face à l’approche plus que frontale du genre.

Le film devient une épure du film de genre. Dépouillé dans le style, le film est intense par sa violence et ce qu’elle peut représenter. C’est un conte macabre qui oppose la sécheresse de la mise en scène à l’inouïe psychose qui habite les personnages.  L’exercice de style est haletant, pas forcément très accessible et de toute façon, A l’intérieur gagne le titre du film à ABSOLUMENT déconseiller aux femmes enceintes ou qui rêvent de l’être.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/06/2007