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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 A coeur ouvert

A coeur ouvert

Mike BINDER

Avec Adam Sandler, Don Cheadle, Jada Pinkett Smith et Liv Tyler - Columbia - 2007 - 2h04

Et ta critique ?




Dans ce mélodrame poussif sur le deuil et la folie, la bonne performance d’Adam Sandler, loin de son registre de prédilection, ne permet pas de rattraper un film neurasthénique et convenu.


Charlie, dentiste reconnu, avait tout pour être heureux : une belle femme, trois jolies petites filles et un bel appartement dans le centre ville de New York. Après un certain 11 septembre 2001, la vie lui reprend celles qu’il aimait et il finit par plonger dans la démence et l’isolement. Son ami d’enfance compatissant va alors tenter de le ramener dans le monde des vivants.

Cloîtré dans son appartement, Charlie est retombé dans un état proche de l’adolescence. Vautré sur sa Playstation, il part dans des mondes imaginaires et n’en sort que pour aller jouer de la batterie dans un club underground. Une vie qui ne sied pas à l’adulte qu’il est puisque tous ses proches tentent de l’en faire sortir.

Il faudra beaucoup de courage à son ami pour que Charlie ne finisse pas dans un asile psychiatrique. Car toi aussi, le jeune, si tu joues encore à des jeux vidéo et que tu traînes dans les bars alors que tu as passé l’âge, c’est ce qui t’attend. Il faut être un membre productif de la société qui ne vit pas dans le passé mais qui travaille pour des lendemains qui chantent.

Contrairement à la première impression, les funestes attentats qui ont frappé Manhattan ne servent que de prétexte. Il n’y a ni discours politique sous-jacent, ni haine thérapeutique envers le Moyen-Orient dans le film. On se demande alors pour quelle raison a-t-on choisi ces événements comme pivot dramatique. Peut-être est-ce là une tentative d’exorciser un malaise profond en se concentrant sur une destinée individuelle.

Que penser de tout ça ? La prévenance d’un proche doit-elle supplanter une forme de deuil somme toute particulière ? La réponse à cette question peut faire l’objet d’une thèse en psychologie mais plus difficilement d’un film. La lenteur de la construction du récit et le côté pathétique n’en font hélas pas une expérience cinématographique intéressante. Vous êtes prévenus.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 25/04/2008