Chaque année des artistes à la renommée internationale se lancent dans les chants de Noël. Cette année, c’est au tour d’Annie Lennox. Vintage.
A l’heure où les bulgares décernent la palme de la chanson de Noël la plus kitsch au groupe Wham avec Last Christmas, une revenante des années 80 pointe le bout de son nez, Annie Lennox. Eurythmics est loin. Mais la voix est là. Pour fêter son arrivée chez son nouveau label Universal/Island, Annie propose onze nouvelles interprétations des chants de Noël et une composition Universal Child, regroupées sous le nom A Christmas Cornucopia.
Réunissant des chants anglophones, germaniques et francophones, Lennox donne des versions plutôt gentillettes qui ne révolutionneront pas le genre. L’album pêche probablement par un trop plein d’énergie. Annie Lennox enregistre en Afrique du Sud en compagnie de l’African Children’s Choir, à la fois chorale et organisation avec laquelle elle entretient depuis longtemps des relations militantes. Parallèlement, tous les revenus générés par le single Universal Child seront versés à la fondation Annie Lennox. Cette fondation, créée à la propre initiative de l’artiste, collecte des fonds destinés aux œuvres caritatives et aux projets de soutien et d’éducation visant les femmes et les enfants d’Afrique frappés par des infections VIH/SIDA.
Si l’ouverture des premiers chants de l’album comme Angels from the Realms of Glory ou God Rest Ye Merry Gentleman sont très agréables avec des chœurs Queenesques, la suite est trop monocorde pour susciter un enchantement général. La structure chorale finit un peu par épuiser l’auditeur qui trouvera plus de plaisir à extraire certains chants qu’à laisser enchaîner l’album. Les arrangements et les orchestrations utilisent une marque de fabrique de superposition de voix qui a fait un peu son temps et qui met systématiquement en arrière plan la couleur musicale de chaque morceau. Les morceaux qui tirent leur épingle du jeu sont Silent night au rythme léger et le single Universal Child plus en équilibre. Et on en vient à regretter qu’Annie Lennox n’ait pas opté pour un album plus doux.
http://www.annielennox.com/
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 25/12/2010