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Vendredi 18 Mai 2012Musique

 9

9

Damien RICE

(Heffa – 2006)

Et ta critique ?




Un nouveau disque de talent et de plaisir mais sans réelle surprise...

Quatre ans que l’on attendait ! Les premiers qui ont découvert le prodige irlandais ont dû patienter tout ce temps avant d’entendre ses nouvelles compositions. Evidemment l’attente provoque bien souvent la déception. Le talent de Rice est tel que son disque passe (presque) au dessus de cet inconvénient !

La découverte de Damien Rice est un beau souvenir. La mélancolie allait très bien à ce jeune irlandais trentenaire. Son goût minimaliste faisait tout le sel de son premier album, le sobrement intitulé, O.

Visiblement Damien Rice a depuis son énorme succès, entretenu son spleen musical. Le second album reprend exactement là où on s’était arrêté. De la tristesse. De la tristesse. De la tristesse.

Le petit souci, c’est que le jeune homme ne cherche pas à sortir de son style. Ce second disque (le titre est toujours aussi minimaliste : 9) ne va surprendre personne. Il pourrait en agacer plus d’un puisque Damien Rice multiplie les ballades sombres et prévisibles…

Il est tout malheureux le père Rice, et il nous le fait partager au travers de titres mélancoliques, hélas déjà entendus dans le précédent album et magnifiés dans le film Closer. La facture de 9 est strictement la même que O (voilà une phrase étrange à écrire).

Plus confortable, la production permet à l’auteur de s’offrir des passages héroïques et éloquents. Les petits défauts du premier disque deviennent parfois encombrants dans ce disque qui ne fait pas dans la nuance : l’emphase de certains morceaux appuie sur le désenchantement et le serrement de cœur.

Damien Rice ne veut donc pas sortir de sa morosité. Cela semble être sa limite. C’est aussi sa qualité : son disque reste très attrayant. Il s’écoute facilement. On fredonne rapidement ses refrains amers mais jamais monotones. Son écriture possède une théâtralité salvatrice qui permet à l’auteur de ne jamais ennuyer avec son vague à l’âme.

L’indulgence l’emporte et le plaisir aussi. Mais il faudrait prévenir Damien Rice que l’hypocondrie ça se soigne…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/03/2007