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Il y avait quelque chose de pourri dans le royaume de Jason Blum?

Mais son petit empire profite du succès et on voit se diriger vers son humble studio de plus en plus d’auteurs. Des vrais. Avec un point de vue. Et un amour du film de genre. Ce sont souvent des vieilles gloires mais le petit budget les pousse à se renouveler.

On s’étonnait de voir Barry Levinson réaliser un film d’horreur bien craspec, The Bay et depuis ca ne s’arrête pas: Jason Blum donne une liberté qui semble plaire aux cinéastes. On en veut à Blum d’avoir inventé le Found footage (de gueule) avec sa saga nullissime Paranormal Activity mais on révise au fil des ans l’avis sur le producteur car il donne des sous pour des séries B qui en disent long sur l’Amérique (Sinister, American Nightmare ou les derniers Shyamalan). De vieux briscards veulent bien tournés pour lui et des jeunes loups se font les griffes chez lui. Une bonne école donc!

Blum, homme d’affaires avisé, a fait main basse sur le petit budget horrifique mais pas idiot. Aux effets sanguinaires, il préfère la réflexion au delà du récit terrorisant. Et le destin de Chris Washington va connaître un période assez traumatisante: photographe noir, il doit rencontrer ses beaux parents au fin fond d’une champêtre Amérique qui ferait passer le décor de Desperate Housewives pour un ghetto délabré.

Chris est généreusement accueilli par les parents de la belle Rose mais petit à petit, le petit ami va découvrir des attitudes plutôt étranges à son égard. Tous les noirs de la ville se comportent bizarrement et les membres de la communauté l’observent avec une certaine distance. Chris commence à douter des meilleurs intentions de ses hôtes.

Le discours social est facile à comprendre mais il a le mérite d’exister. Jordan Peele instaure la question raciale dans un film de terreur, lisse mais obsédant. Le diable est dans les détails et l’ambiance paranoïaque se développe grâce aux découvertes saugrenues du jeune photographe.

C’est certainement une photographie de l’époque dans laquelle nous vivons, mais c’est aussi un plaisir de retrouver ce style de série B, où l’économie de moyens n’empêche pas une grande efficacité. On pourrait même penser à Carpenter ou Dante, avec cette façon ludique de toucher à des choses sensibles l’air de rien, avec l’apparente envie de distraire tout simplement.

Bien joué, le film a réussi un gros coup commercial et continue de pousser Blum vers des films ambitieux mais pas couteux. A Hollywood, on adore les gros budgets, les super héros et les grandes catastrophes tout en images de synthése: le succès de Blum devrait peut être permettre de revoir une production plus accessible et qui n’a pas peur de voir les choses en face! Même pas peur!

Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener et Bradley Whitford – Universal – 03 mai 2017 – 1h35

Auteur: Pierre Loosdregt

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