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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 88 minutes

88 minutes

Jon AVNET

Avec Al Pacino, Alicia Witt, Leelee Sobieski et Neal McDonough Metropolitan - 30 mai 2007 - 1h28?

Et ta critique ?




L’été approche et apporte avec lui son lot d’histoires de tueurs en série. Ce thriller pourtant bien construit laisse de marbre avec un scénario tiré par les cheveux et un Al Pacino un peu mou.


Jack Gramm a la belle vie : une belle voiture, un bel appartement, un bon boulot et il couche avec plus ou moins tout ce qui frétille. Hélas, son métier d’expert en psychiatrie criminelle ne lui apporte pas que des amis, bien au contraire.

Aussi, quand on menace sa vie car le meurtrier qu’il a aidé à condamner s’apprête à passer dans le couloir de la mort, le pauvre Jack ne sait pas vraiment où donner de la tête. Et pour simplifier le tout, on lui donne 1h28 très exactement pour trouver qui est derrière tout ça.

Tandis que le chronomètre défile et que les cadavres finissent par s’entasser un peu partout, on sent la paranoïa s’emparer du personnage. Et puis pourquoi 88 minutes ? Cela doit être important puisqu’il s’agit du titre du film. Et puis pour quelles raisons en veut-on à sa vie ? Le spectateur recevra bien évidemment toutes les réponses même si le dénouement ne surprendra pas grand monde.

A force d’avoir joué des flics usés et vieillissants, Al Pacino paraît étrangement calme pour le rôle, se justifiant par une intense activité intellectuelle qui malheureusement n’apparaît pas à l’écran. Entouré d’une pléiade de jolies filles, il passe surtout son temps à pavoiser comme dans un défilé de haute couture distribuant baisers et caresses à l’envie. Mais tout n’est pas si rose pour notre psy : hanté par de sombres souvenirs et luttant pour la justice, il est finalement très seul. Au milieu d’un harem, mais très seul.

Dans un ultime sursaut de créativité, Jon Avnet a eu une idée à forte valeur ajoutée : faire un film en temps réel (seule justification valable des 88 minutes en fin de compte). Tel son homonyme dans 24 Heures Chrono, Jack va devoir résoudre l’affaire sans faire une seule pause pipi, entre son meurtrier qui le rappelle toutes les cinq minutes pour lui rappeler l’heure et son assistante qui visiblement n’a jamais appris à se débrouiller seule.

Une fois arrivé au terme de cette aventure peu mouvementée — la voiture qui explose sur l’affiche correspond à la scène qui recevra certainement l’Oscar pour la scène d’action la plus molle de l’histoire, et le pistolet que tient Al Pacino ne servira presque jamais (après tout, il est psy) — nous nous retrouvons face à une scène particulièrement horrible que j’ai peine à vous dévoiler : Al Pacino dans un semi plaidoyer pour la peine de mort. Et oui, les thrillers d’une telle intensité se font rares.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 28/05/2007