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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 7h58 ce samedi là

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Sidney LUMET

Avec Ethan Hawke, Philip Seymour Hoffman, Albert Finney et Marisa Tomei UGC Ph – 26 septembre 2007 – 1h56

Et ta critique ?




La loi du plus faible ! De la Belgique ouvrière de Lucas Belvaux au New York de Sidney Lumet, le constat semble le même : Lorsque les hommes sont acculés, ils sont dangereux… pour eux mêmes.  Tragédie américaine, ce film noir rappelle l’immense talent de son auteur.


Andy, comptable débonnaire, cache de lourds secrets. Il magouille avec sa compagnie. Il rend visite souvent à un étrange dealer. Il délaisse sa femme. Malgré une apparente bonne situation, il se verrait bien partir au Brésil, loin de ses soucis financiers.

Hank, son petit frère ne s’apprécie guère non plus. Il a raté son mariage. Il ne s’en sort pas avec ses dettes. Il couche avec la femme de son frangin, Gina. Pourtant Andy va demander un service à Hank : cambrioler la bijouterie familiale tenue par les parents.

Sidney Lumet, cinquante ans de carrière, sait que le spectateur a déjà vu ce genre de situation et puisque le cambriolage doit mal se passer, il se déroule dès les premières minutes du film. A 83 ans, Sidney Lumet  a été enterré un peu trop vite.  Le cinéaste prouve qu’il garde la main et réalise un de ses meilleurs films.

Observateur de la justice à New York, il quitte les tribunaux pour s’intéresser au sort tragique et désespérant d’une famille au bord du gouffre. On pourra parler de tragédie antique mais la modernité du propos va bien plus loin. Lumet scrute une société obsédée par l’argent. Il n’est question que d’argent. Même les relations familiales sont sacrifiés devant quelques billets verts !

Le classicisme de la réalisation nous permet d’approcher le drame frontalement. La tension est palpable dès le début. Une simple scène d’amour révèle le désespoir le plus total. Il est difficile à cet instant de ne pas trembler devant des personnages qui tentent d’être normaux et qui se brûlent trop vite les ailes.

Le destin est cruel. Le cinéaste n’a pas peur d’éclater son récit pour que le spectateur s’attache à quelques loosers déboussolés. Ethan Hawke est magnifique en frère froussard. Philip Seymour Hoffman bouleverse en aîné manipulateur. Albert Finney impressionne en père revanchard. Le soupçon de glamour qu’apporte Marisa Tomei permet de ne pas désespérer totalement et de s’accrocher aux quelques espoirs du clan.

Sur le thème de la famille, Lumet est nettement plus inspiré que son dernier succès, Family business. Il réalise un authentique film noir, sans compromis. Il réveille tout le respect que l’on peut avoir pour sa filmographie toujours enthousiaste.

Pour finir, il est bon de s’apitoyer sur le titre français, traduction absurde et non littérale de Before the devil knows you’re dead. Avec un tel titre stupide, on ressort un plus désespéré. Mais pas pour les mêmes et bonnes raisons.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 30/09/2007