Le jazz minimaliste de Musica Nuda s’émancipe. Des invités et plus de compositions, voilà le secret de ce troisième épisode, subjuguant et séduisant.
Douce voix italienne, Petra Magoni a réussi à briser les frontières pour conquérir le Monde (du moins la partie mélomane ou jazzy) avec un contrebassiste facétieux et troublant, Ferruccio Spinetti. Acrobate, la voix de la chanteuse se love autour d’une contrebasse impressionnante.
L’histoire est belle. Au hasard d’un concert, les deux artistes assurent un set et se découvre un feeling immédiat. Le hasard fait bien les choses. Magoni et Spinetti enchantent les salles où ils se produisent, avec l’organe de la première et l’instrument du second. La réputation enfle rapidement.
Habitué à reprendre des morceaux de rock (spécialement les Beatles), le duo pour son troisième essai prend un peu le large avec son style. D’autres instruments s’imposent. Ce n’est toujours pas l’orchestre symphonique qui soutient ce jazz finalement grand public.
La formule est simple et magique. Ils ne vont pas tout sacrifier pour surprendre l’auditeur. Au contraire. 55/21 impose définitivement cette contrebasse obligée de faire bon ménage avec une voix suave.
Petra Magoni montre l’étendue de sa voix. Elle se permet même une infidélité puérile avec Jacques Higelin (le pétaradant Crocodail). Autrement elle étonne avec une voix qui n’a peur d’aucune folie. Elle affronte même un autre Jacques, Brel, avec une magnifique et émouvante reprise de La chanson des vieux amants.
Les reprises de chansons pop dans les deux précédents disques ont donné de la confiance à la belle, toujours rassuré par le talent immense de son musicien barbu. Leur musique nue est toujours aussi touchante. La musique est plus souple, plus aérée. On s’y sent bien. On y reste !