Avec Victoria Abril, Caroline Tesca, Luq Hamet ou Olivia Dutron Canal Plus – 1980, 1982, 1983, 1986 – 1h30 environ pour chaque chef d’œuvre
Et ta critique ?
L’été pointe son nez. Les côtes vont être assiégés par une horde de touristes défoncés à la crème bronzante. Ce fut le décor préféré de Max Pecas, roi du nanar à la française. Un coffret réunit cinq de ses comédies et donne une bonne idée de la gaudriole gauloise. Pénible mais culte !
Au début de sa carrière, Max Pécas réalisait des polars. Dans les années 60, il en fabrique une douzaine puis se détourne rapidement du genre pour s’intéresser à la vague libertaire qui envahit les écrans. L’érotisme est partout et Pécas se fait un nom avec des films érotiques, plus ou moins assumés.
En 1977, le lyonnais abandonne le porno soft et se consacre à la comédie. Les bidasses et les belles pépées peu farouches seront les stars de cette nouvelle période qui fera naître le culte autour du réalisateur. En France, il est l’équivalent d’un Ed Wood aux Etats-Unis.
Ce type là, hors du système, s’obstinait à réaliser des navets avec une verve et un courage sans précédent. Les films présents dans ce coffret sont d’une nullité qui force le respect et provoque bien souvent le rire, si on est armé d’un solide quatorzième degré. Avec une préférence pour Les Branchés à Saint Tropez, Deux Enfoirés à Saint Tropez et On se calme et on boit frais à Saint Tropez. Pecas avait de la suite dans les idées et savait vendre ses films autour de l’esprit gaulois.
Les films de Claude Zidi (période Les fous du stade ou Les Sous doués) sont des œuvres exigeantes à coté des films de Pécas. L’intrigue se résume à déshabiller le plus souvent des jeunes femmes et balancer des gags qui feraient rougir Jean Marie Bigard. La Classe, l’émission de Fabrice des années 80, c’est du Jean Paul Sartre.
Max Pécas est le dernier degré de la comédie française et il s’y appliquait avec une ardeur étonnante. Au hasard de ses films, on croise quelques stars et surtout on se régale d’une esthétique vulgaire où les vacances sont réduites à une libido nourrie au pastis et à l’humour scabreux.
Bien entendu, l’achat d’un tel coffret est plus que douteux mais il s’adresse aussi à ceux qui ont découvert ces films inoubliables sur la sixième chaîne. Ils sont liés à de timides souvenirs d’interdits. Tant de poitrines dénudées et de vulgarités assumées faisaient des films de Max Pécas, des œuvres peu appréciées des parents. Quand le subversif se mêlait à la ringardise…