Star Trek Into Darkness

Encore des défauts dans ce Star Trek, mais cet objet de culte aux USA reste encore un spectacle exotique, naïf et spectaculaire pour nous.

James Kirk est encore ce fringant capitaine, un peu tête à claques et aussi expressif qu’une cannette de Budweiser. Le premier réflexe serait de lui coller une mandale avec son air suffisant qu’ont souvent les héros américains.

Kirk version JJ Abrams, c’est un couillon costaud qui marche au bon sens commun. Il a une différence (majeure) avec tous les héros qui sauvent le Monde: il travaille avec une bande. Et son équipage est plutôt sympathique.

Spock et ses raisonnements terriblement logiques. McCoy et son aversion pour l’improvisation. Uhura et son sex appeal qui cache une grande intelligence. Scotty et son accent libertaire. Sulu et son sens du devoir. Chekov et ses angoisses de navigateur. Ils sont tous là. Bien représentés. Avec les interprètes parfaits pour jouer ces nouvelles incarnations de l’univers Star Trek.

Le premier épisode autour de la jeunesse de Kirk remettait avec panache en selle la franchise. Cette fois ci, l’auteur de Lost et mille autres réussites pour geeks et fans en tout genre, met les gaz vers l’aventure la plus débridée.

Tout est sacrifié pour le rythme. Les morceaux de bravoure s’enchainent. Pas de répit. Peu de temps mort. Et peu de grand bavardage. Pour cela il y avait le premier volet. Ici, c’est action, baston et explosion.

Hollywood s’est trouvé un nouveau Jedi (Abrams va s’occuper du prochain Star Wars) car il faut le dire: il est un peu magicien ce spécialiste de la série télé. Il a un sens aigu du récit et de rebondissement. Star Trek Into Darkness ne semble pas tenir en place. Il y a dans la narration plein d’idées. Ca peut paraitre brouillon ou même vain pourtant le cinéaste et ses copains tentent vraiment de ne pas faire comme d’habitude.

Comme Spielberg, JJ Abrams veut que le rythme entraine le spectateur dans l’action mais aussi l’émotion. Il jongle avec une habileté folle entre les enjeux dramatiques et l’utilisation personnages. S’il élimine des sous intrigues (le trio amour Kirk-Spock-Uhura), il continue à rendre ses personnages attachants malgré qu’ils soient entièrement attachés à leur fonction dans un scénario assez conventionnel mais plutôt touchant.

Car Abrams et son pôle d’écriture connaissent les vertus de la franchise: ils collent à une actualité brulante. Au delà de tous les effets spéciaux, le film raconte très bien les douleurs américaines et traumatiques. Il y a beau avoir de l’action, le film écoute cette Amérique aussi belliqueuse que généreuse. Certaines images sont troublantes, surtout celles des attentats certes futuristes mais qui rappellent de tristes réalités. Subsiste dans un détail ou un plan: l’espoir. Le rêve. L’aventure.

On a vite oublié le coté casse cou et impulsif de Kirk. La méthode de Abrams est complètement affirmé dans cet épisode. Il y a certes des longueurs (la fin s’étire) et des erreurs (on reconnait encore trop l’american way of life dans Starfleet) mais le réalisateur montre qu’il a compris le plaisir de la science fiction, la nature pacifiste et heureuse de Star Trek, les folies du blockbuster contemporain. Malgré sa nouvelle jeunesse, cette saga reste toujours impressionnante par ces utopies, qui résistent encore au cynisme d’aujourd’hui. Est ce que ca va marcher sur un troisième numéro sans Abrams. On attend de voir. Peut être l’été prochain!

Auteur: Pierre Loosdregt

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