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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 48 heures par jour

48 heures par jour

Catherine CASTEL

Avec Antoine de Caunes, Aure Atika, Victoria Abril et Bernadette Laffont – Pyramide distribution – 04 juin 2008 – 1h29

Et ta critique ?




Dans cette comédie de mœurs peu inspirée par son sujet, l’histoire d’un couple qui va devoir choisir entre famille et travail sent la caricature facile. Quelques bons moments à prévoir, mais ce n’est tout de même pas assez convaincant.


Aure Atika et Antoine de Caunes éructant en peaux de bêtes dans une préhistoire reconstituée chichement à Fontainebleau pour résumer la vision patriarcale de notre société, voilà comment débute le film. On est donc en droit de craindre pour la portée sociologique, sinon humoristique, du propos. Après une transition symbolique et évocatrice d’une puissance folle, on découvre le quotidien terne de deux cadres supérieurs dans un monde où les trente-cinq heures sont une utopie révolutionnaire.

Le mari, convaincu de sa légitimité à passer tout son temps dans son bureau où ses heures les plus productives sont consacrées à la lecture d’une feuille de chou, reproche à sa femme de s’investir trop dans son travail et de ne pas s’occuper suffisamment de sa progéniture. Aussi, guerre des sexes un peu faiblarde oblige, la femme va s’inventer une mission à l’autre bout du monde afin que sa moitié apprenne un peu la dure vie de papa.

C’est tout de suite l’impression de vaudeville qui domine. Non pas que ce soit les artifices d’usage qui fassent penser au théâtre de boulevard (bien que répondent présents le sempiternel humour de comptoir, les femmes sous le lit et les déguisements), mais la façon dont les acteurs déclament leurs lignes dans des pièces vides en en rajoutant des tonnes ne laisse pas subsister le moindre doute.

Au milieu d’échantillons de couples témoins, les caricatures sont légions afin de prouver une fois pour toutes que l’amour est aveugle. Et sourd, également. Car, à force d’écouter des poncifs sur l’incapacité masculine à gérer les affaires de la vie courante, on se dit que les femmes sont bien courageuses. D’autant que le portrait de ses dernières n’est pas si flatteur.

En face d’une Victoria Abril, sublime ambitieuse qui n’a eu d’autre choix que de " devenir un mec " pour réussir et qui saute sur tout ce qui bouge en confiant ses propres rejetons à une nounou à temps complet, nous avons une Aure Atika qui joue les arrivistes qui en veut mais qui ne peut se résoudre à quitter son rôle de mère au foyer qui lui permet de s’épanouir.

Toutes les nuances entre ces deux femmes, n’existent que dans le personnage d’une Catherine Jacob qui materne un homme serpillière et d’une femme de directeur alcoolique et qui n’éprouve d’orgasme que dans les magasins de décoration bourgeois.

Cette armée de pastiches ambulants n’aura de cesse que de militer pour une parité réelle dans les tâches domestiques et pour l’avènement de la famille moderne qui n’aura pas attendu le long-métrage pour exister. À réserver donc aux bourgeois bohèmes, cadres supérieurs avec bambins en option, et tout autre membre de la faune parisienne qui pourra se reconnaître dans ces portraits en soupirant de soulagement après une conclusion peu originale qui rassurera les angoissés de la société de consommation.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 09/06/2008