En attente du troisième album et de son concert au Café de la Danse à Paris ,Tom Poisson répond à quelques interrogations.
Tom Poisson, qu’avez-vous fait sur terre ces 31 dernières années ?
J’ai joué aux billes, j’ai couru dans l’herbe, j’ai voulu être trapéziste, footballeur puis menuisier, j’ai embrassé une fille sur la bouche en classe de 5ème. Toujours été moyen à l’école. Ensuite, j’ai eu du mal à grandir, mon corps refusait obstinément de devenir pubère. Finalement les poils ont poussé et j’ai commencé à perdre mes cheveux. J’ai arrêté le football, appris à faire la fête. Vers la fin des années de lycée, j’ai pris contact avec cet instrument qu’on appelle la guitare, d’abord pour faire rire les copains. Très vite je me suis pris au jeu en essayant de faire mes propres chansons. J’ai monté des groupes, poursuivi mes études, j’ai été pompiste, stagiaire en marketing, j’ai organisé des événements musicaux, humanitaires, je suis parti faire le comédien, à cheval et en charrette sur les places de village. Après des années de musique plus électriques je suis revenu à mes premières amours : la chanson. La chanson avec des mots qui racontent des choses.
Qu’est-ce qui est le plus difficile : écrire, composer ou interpréter ?
Ce métier c’est une façon de me raconter, au public bien sûr, mais aussi à moi-même. J’écris par nécessité, au moment où l’envie de « fabriquer un truc » est la plus forte. Ca n’aurait pas de sens si les mots n’étaient pas les miens. Ca n’aurait pas de sens si ces mots n’avaient pas d’histoire, s’ils n’étaient pas reliés à ma vie. C’est le plus souvent dans la facilité que j’écris et que je compose, puisque j’attends que l’envie s’impose à moi. La plus grande difficulté, c’est de restituer l’émotion contenue dans l’écriture au moment de chanter, plus encore au moment d’enregistrer ; me réapproprier les mots que j’ai écrit. C’est un paradoxe, mais une vraie difficulté. Je pense avoir trouver quelques clés. J’espère…
Avec vos chansons, souhaitez-vous faire passer certains messages ? Si oui, lesquels ? Pensez-vous qu’un chanteur doit forcement avoir des messages à faire passer ?
Je ne suis pas de ces artistes qui veulent absolument faire passer des messages. J’aurais trop peur d’être démagogue. C’est plus égoïste. Je souhaite me raconter et par là même me découvrir, me soigner et, je ne peux pas le nier, obtenir une certaine reconnaissance du reste du monde, une part d’amour. On a tous besoin de sa petite dose d’amour… junkie ? En revanche, je tente, au travers de mes chansons, de mettre en évidence ce qui, à mes yeux, reste le plus important dans nos courtes vies. En cela, Mes chansons ont peut-être une dimension humaniste voire politique. A vous de voir.
Sur scène, vous jouerez de la guitare, du banjo, du ukulélé et vous serez accompagné par trois musiciens. Pouvez-vous nous parler d’eux ?
Christophe DOREMUS : contre basse, scie musicale ; Alexandre LEAUTHAUD : accordéon, piano, ukulélé ; Jean François SEILLER : batterie, gluckenspiel, chœurs ; Ces acolytes sont tout sauf de simples accompagnateurs, ils sont partie intégrante dans le son du groupe. Nous cherchons ensemble les couleurs appropriées aux titres que je leur propose et tentons de travailler dans le plaisir, celui de jouer et de partager.
Propos recueillis par Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 25/03/2007