du 23 au 27 mars 2010
Théâtre des Abbesses - 75018 PARIS
Et ta critique ?
Je n’aurais jamais cru m’ennuyer pendant un spectacle de Peeping Tom !
Il faut dire qu’avec sa trilogie (le Salon,le Jardin et le Sous-sol) la compagnie nous a habitué au meilleur, et qu’on est sans doute tenter de lui en demander trop.
Au 32 rue Vandenbranden comme dans les autres productions de Peeping Tom, le décor est d’apparence simple mais il recèle quelques surprises, toujours étonnantes.
Au 32 rue Vandenbranden, on trouve une cour pavée et enneigée où se font face deux mobiles-homes un peu vétustes. Ambiance de bout du monde, avec un contraste entre la chaleur des corps et des intérieurs, et la rigueur d’un hiver où le froid de la neige le dispute aux hululements du vent.
Cette création n’est pas réellement une suite de la brillante trilogie. On rencontre ici une troupe renouvelée : aucun des danseurs n’était présent dans la trilogie. Ne reste que l’excellente mezzo-soprano, Eurudike De Beul.
L’ambiance suscitée par le décor et par l’étrangeté des personnages nous séduit de prime abord, et laisse présager le meilleur. Deux personnages entrent en scène (les excellents coréens Seoljin Kim et Hun-Mok Jung). L’un sur le dos de l’autre qui sert littéralement de mule à son camarade.
Puis la contorsionniste néerlandaise, Sabine Molenaar, évolue avec une rigidité d’automate, comme un personnage de fil de fer, comme le Gaston Lagaffe en plastique de mon enfance, sur les épaules de son partenaire Jos Baker.
La danse chez Peeping Tom a évolué, elle se fait plus sèche, plus retenue. Les danseurs se meuvent souvent comme des possédés, mais comme des possédés qui réfréneraient leurs démons. Or justement, l’on voudrait bien qu’ils laissent s’exprimer totalement leur folie afin qu’elle transparaisse dans leurs gestes et dans leur danse.
Les « performers » ont beau faire des bonds et se jeter contre les parois des caravanes, on regrette que la danse ne vienne jamais complètement. La gestualité se borne malheureusement au registre de la tétanie ou de la chute au sol.
S’il est indéniable que le spectacle recèle quelques bons moments ; l’on est lassé d’attendre qu’il démarre enfin, et l’on s’ennuie ferme au bout d’une heure. À la fin de la représentation, le public met un long moment avant d’applaudir, ce qui en dit d’ailleurs long sur le manque d’enthousiasme des spectateurs.