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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 28 semaines plus tard

28 semaines plus tard

Juan Carlos FRESNADILLO

Avec Catherine McCormack, Rose Byrne, Robert Carlyle et Harold Perrineau 20th century fox – 19 septembre 2007 – 1h31

Et ta critique ?




28 semaines plus tard reste l'un des meilleurs films de l'année 2007. L'un des plus beaux symptomes cinématographiques de l'après 11 septembre. Et un film terriblement divertissant.


Le plus curieux avec le film de zombie, c’est que le genre se prête quasi obligatoirement à une lecture socio-politique. Depuis La nuit des morts vivants à la fin des années 60, on sait que les zombies, en sortant de terre, remettent toute idée de civilisation en cause.

Ainsi des réalisateurs ont-ils profité de l’invasion d’outre tombe pour régler leurs comptes avec la société et leurs contemporains. C’est ce qui fait aussi le charme de ces films : ils sont l’expression la plus féroce de la série B. Ces œuvres sont plus subversives que les autres.

Les films sur le sujet de George Romero sont des brûlots contestataires.  28 semaines plus tard se révèle plus politique que le film précédent de Danny Boyle. La première partie du film décrit l’isolement d’une société occidentale, où la sécurité s’assure à la mode américaine. L’armée est omniprésente et a le droit de vie ou de mort sur les civils.

Heureusement le cinéaste espagnol Juan Carlos Fresnadillo ne se prend pas pour Costa-Gavras et ne se limite pas à de la poli-fiction. Son film devient rapidement un authentique film de morts vivants. 28 semaines après l’épidémie de rage aggravée, le cœur de Londres est nettoyé et les premiers Anglais sont de retour sur le sol britannique. Protégée par l’armée américaine, la population s’installe dans un périmètre isolé et sécurisé.

C’est là que reviennent Tammy et Andy, deux enfants tout heureux de retrouver leur papa, survivant des premiers jours. Ce qu’ils ne savent pas c’est que leur géniteur n’a pas l’esprit tranquille. Il est responsable de la disparition tragique de son épouse. Comme tout bonne série B, la culpabilité va entraîner coûte que coûte, une nouvelle catastrophe.

Lorsque les premiers enragés réapparaissent, le cinéaste trouve un vrai rythme et enferme le spectateur au cœur du drame. Aussi surréaliste est il, il est parfaitement décrit : Fresnadillo a le chic pour trouver l’angle ou le cadre bien angoissant.

Le film est nettement plus classique dans sa structure mais il sait provoquer de jolies sensations fortes. De la description carcérale des survivants aux méfaits sanglants des infectés, Fresnadillo donne à la série B, un ton claustrophobe du bel effet. Rondement mené, le film parvient à la hauteur de son prédécesseur et se permet parfois de le dépasser… Devra t on attendre 28 mois pour une éventuelle suite de la même qualité ?


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 10/04/2008