Les mariages provoquent généralement l’émoi de jeunes filles candides et pré-pubères. Quand le syndrome persiste après la trentaine, cela devient inquiétant, surtout quand il donne lieu à une comédie qui peine à sortir du lot.
Tout individu de sexe féminin normalement constitué se refuse à l’idée de se transformer en meringue le temps d’une soirée, même si elle conclut le soi-disant plus beau jour de la vie de sa meilleure amie.
En effet, peu nombreuses sont celles prêtes à endurer une soirée déguisée où elles seront les seules à s’enlaidir pour mettre en avant les qualités esthétiques de la future épouse.
Néanmoins, notre héroïne n’est pas comme tout le monde. Incommensurable romantique, la midinette se shoote aux dragées et se vautre dans la tulle en rêvant qu’un jour, son prince viendra. En attendant, elle organise le mariage de ses copines avec un zèle qui confine à l’hyménée par procuration. Malheureusement pour elle, une bonne poire finit souvent seule, baignant dans l’alcool.
Mais cette demoiselle d’honneur professionnelle ne perd jamais l’espoir de séduire son patron, une variation new-yorkaise du riche éphèbe quadragénaire aux multiples qualités reconnues d’utilité publique et privée. Peine perdue, puisque sa blondasse de sœur (tendance Paris Hilton) la coiffe au poteau et lui vole l’homme de sa vie.
Mais comme toute bonne comédie romantique qui se respecte, un beau gosse à la mèche rebelle arrive sur son cheval blanc pour la sauver du célibat. Il tombe rapidement amoureux d’elle malgré le fait qu’ils s’entendent comme chien et chat (signe d’une passion dévorante au cinéma) et, même si un quiproquo les éloignera un temps, tout se terminera bien à la fin.
La seule chose qui sauve cette bluette du désastre annoncé réside dans l’énergie que met l’actrice à incarner une fille complètement déjantée à force de hanter les salles des fêtes le samedi soir. Car il ne faut pas compter sur les autres comédiens à la recherche d’un cachet en période de vaches maigres.
Après les séries Roswell et Grey’s Anatomy, Katherine Heigl s’est reconvertie sur grand écran avec plus ou moins de talent. Suite au succès public et critique d’En Cloque, nous la retrouvons dans cette comédie romantique maritale trop conventionnelle pour être rafraîchissante.
Grevée par une trame narrative usée jusqu’à la corde, l’histoire se traîne lamentablement après que tous les enjeux soient révélés au bout d’une demi-heure. Au milieu des symboles de la réussite familiale à l’américaine, l’actrice principale ne peut sauver le film de la corrosion des banalités d’usage.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 23/04/2008