Les trois punks ont réalisé le disque des années Bush avec "American idiot". Ils continuent de scruter leurs contemporains dans un nouvel opéra rock qui ne surprendra personne.
C’est bien dommage d’ailleurs. On avait beaucoup aimé "American idiot". Green Day était un trio de californiens malpolis se prenant pour les Sex Pistols. Un peu à bout de souffle après des albums similaires et délavés, ils faisaient un retour remarqué et remarquable avec un opéra rock étonnant et clairvoyant.
"Americain Idiot" démontait le gouvernement Bush et ses agissements. Billie Joe Armstrong fusillait avec une énergie incroyable les hontes américaines. Un nouveau souffle gonflait les voiles de Green Day.
Désormais identifiable, Green day pratique un punk gentillet mais engagé. Que faire après avoir harponné le Monde entier avec "American idiot" ? Le trio refait la même chose !
C’est une fois de plus un album concept autour des atermoiements de deux jeunes dans l’Amérique déboussolée et flippée. Produit par Butch Vig, "21st Century Breakdown" est un grand barnum pop et punk.
Green Day dénonce et produit un peu moins d’une vingtaine de titres bien pensés mais pas toujours convaincants : plane perpétuellement l’ombre du précédent disque.
La comparaison est facile et le huitième album la supporte mal. Le trio exécute ses nouveaux titres sans faiblir. La vitalité de leur rock est leur principale qualité. Cela ressemble trop à "American idiot". La spontanéité est partie.
Rebelles et engagés, les Green Day caressent l’auditeur dans le sens du poil et font ce que l’on attend d’eux. On leur a découvert une conscience politique féroce. Ils en abusent peut être sur ce disque qui ravira les amateurs de rock acrobatique et héroïque.
Cependant on peut se réjouir de voir un rock mature conquérir les sommets des charts du Monde entier. Green Day ne va pas sauver le punk. Il va se contenter de pratiquer le rock que mérite notre époque. Pas très fin mais fabriqué d’espoir et de révolte !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 01/07/2009