Signs & Signifiers / JD MCPHERSON  / (Histyle – 2012)
Jan18

Signs & Signifiers / JD MCPHERSON / (Histyle – 2012)

JD McPherson est tombé dans le rock’n’roll des 50’s quand il était petit. Le mot vintage est utilisé à toutes les sauces. Là, désolé mais on n’a pas le choix ! C’est vraiment dans les vieux pots que l’on peut faire encore de bonnes choses !   Autrement on pourrait utiliser le mot « rétro ». En tout cas, nous sommes bien aux racines du rock. Jonathan David McPherson (rien à voir avec nos David et Jonathan) a la banane. Il a un air de voyou du bayou. Il aime bien les vestes en jean. Sa tête est visiblement un juke box rempli de rockabilly. Beaucoup d’artistes font sonner leurs chansons avec un esprit roots. Ce gars là, c’est l’esprit roots. Il a beau être né en 1977, il semble être un contemporain de Little Richard et d’Elvis Presley. Aux premières notes de son premier album, c’est frappant. Il a grandi dans l’Oklahoma rural. Il a fait sa crise d’adolescence en jouant dans un groupe de rock. Il est rentré dans l’âge adulte en découvrant Buddy Holly. A partir de là, le jeune homme est tombé amoureux du rockabilly mythique, celui qui a secoué l’Amérique puritaine des années 50. Tout y est. La production a ressorti les vieilleries pour l’occasion. Les vieux micros ont capté l’ambiance désuète mais délicieuse de ce rock énergique, électrisant et surtout délicieusement daté. Difficile de faire plus viellot que ce JD McPherson, personnage très intrigant. Car au delà de la pose, il a l’air d’y croire. Ses compositions sont plus brutales que celles d’un Chris Isaak, plus loup que fauve. JD McPheson se donne la fièvre sur ses douze chansons originales mais troublantes: on dirait des inédits des stars de nos (grands) parents. Il a donc du style et du panache. Le talent est lui aussi omniprésent. Son disque nous fait voyager dans le temps. On est presque effrayé de reculer autant dans les années. Pourtant la fraîcheur de ce disque est évidente et impose JD McPherson comme un artiste très prometteur.  ...

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MASCULINES, Héla FATTOUMI et Éric LAMOUREUX
Jan13

MASCULINES, Héla FATTOUMI et Éric LAMOUREUX

Dans sa nouvelle création, le couple de chorégraphes Fattoumi et Lamoureux met en scène 7 danseuses jouant des clichés de la féminité et les bouleversant savamment.   Sur une scène extrêmement sobre, les danseuses surgissent petit à petit du noir, la lumière joue avec leurs silhouettes, la musique participe activement à la mise en place d’une forte tension scopique. Finalement un tableau vivant apparaît : Le Bain Turc d’Ingres, emblème de l’érotisation du corps féminin. Tout est déjà là et sera travaillé dans ses nuances au cours du spectacle : les différents degrés de visibilité des corps, les rôles sexuels imposés, interprétés de manière souvent très ironique par les danseuses.   MASCULINES questionne l’image du corps féminin, ses déguisements et les nuances de nudité qui rendent possible un écart de la norme, une forme de rébellion, la liberté des corps. Les critères de féminité et de masculinité sont travaillés à partir de l’idée de dénudation, d’où l’importance de la combinaison transparente que les danseuses portent au début sous leur costume et le basculement que son enlèvement signifie : la chair des corps surgit ainsi des tableaux mis en scène, la réalité physique de l’image féminine devient le sujet du spectacle.   Dans cette création, rien n’est discours ou théorie. Bien évidemment les références aux études de genre sont bien présentes, avec l’idée que la conscience d’être en train de jouer un rôle est le début de la libération des assignations imposées. Mais Fattoumi et Lamoureux transforment ces réflexions en puissance des images signifiantes, grâce à la maîtrise des nuances figuratives de la part des danseuses, mais aussi à un emploi extrêmement éloquent des musiques et des lumières qui soutiennent l’enchaînement des mouvements : de cette manière, la gestualité devient pensée, la suite d’images des corps féminins devient construction signifiante intense et richement lisible par les spectateurs.   Pour les messins, la découverte ou redécouverte du travail de Héla Fattoumi et d’Éric Lamoureux s’est poursuivi le dimanche 13 janvier au Centre Pompidou-Metz avec la présentation de MANTA, solo de 2009 autour du niqab et des femmes arabes.   Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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