CANALETTO-GUARDI / Musée Jacquemart-André
Déc07

CANALETTO-GUARDI / Musée Jacquemart-André

Deux grands noms de la veduta à Paris… Antonio Canal et Franscesco Guardi sont jusqu’au mois de janvier au Musée Jacquemart-André. Ne les manquez pas.  En entrant dans le musée, vous serez accueilli par Tiepolo qui trône au dessus du monumental double escalier de marbre avec sa fresque célébrant la visite d’Henri III à Venise.  Difficile de ne pas s’arrêter devant. La fresque, mise en scène comme une scène de théâtre, vous happe. Vous ne regardez plus un mur mais une comedia. La demeure haussmanienne en impose. Le lion endormi dans la cour de gravillons peut continuer paisiblement sa sieste. L’architecture règne, massivement, avec panache, et la peinture l’anime. Après une traversée des différents salons, on est alors stoppé par un vigile équipé de l’incontournable talkie-walkie. Moins paisible que le lion, il veille. On regrette qu’il ne soit pas endormi. Le flux. Il faut attendre. Puis soudain, le signal. Il lâche alors un cordon de visiteurs, amateurs, touristes, anglophones, francophones, peinturophones. Les gens sourient. Lui, régule. La visite commence. L’exposition est construite autour de deux axes. Un axe chronologique autour de l’art des védustistes. Gaspar van Wittel, Luca Carlevarijs, Michele Marieschi, Canaletto en passant par Belloto et Guardi s’en donnent à cœur-joie. La place St Marc, les palais, les églises, les lagunes, le rialto, les festivités. Puis un axe imaginaire en fin de parcours est développé au travers de quelques caprices et d’une veduta rêvée. Le parti pris fonctionne. L’idée de mettre face à face les deux styles respectifs de Canaletto et Guardi permet assurément d’en distinguer les forces. Les tonalités sombres et le toucher presque pré-impressionniste de Guardi se heurte à la verticalité et à la construction méthodique de Canaletto, de plusieurs années son prédécesseur. L’affiche de l’exposition est en cela une jolie pirouette. On croirait voir un tableau de Guardi. C’est un Canaletto. Un jeune Canaletto. Ce jeune dont Guardi s’inspirera pour apprendre la liberté et apporter un nouveau style à la veduta. Un style plus personnel. Canaletto s’incline devant la ville en la magnifiant de ciels surréalistes et en lui donnant une perspective infinie, Guardi lui donne un réalisme plus sombre, parfois plus délavé, plus noir. Une Venise obscure. Une ville sensible sur laquelle passent le temps et les sentiments. Parmi les réussites, les deux vues du Campo Santi Giovanni e Paolo qui montrent le décalage de point de vue et la différence de palette. Guardi prend le risque du désordre , de la touche hasardeuse, quand Canaletto, cartésien, ordonne, pour renforcer la liberté de ses improbables ciels qui lui ont donné ses lettres de noblesse. Mais rapidement Guardi en impose, notamment quand il s’empare des caprices. Il finit par trouver des couleurs, des compositions...

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Dancing with the sound hobbyst, Zita SWOON GROUP et Simon MAYER
Déc05

Dancing with the sound hobbyst, Zita SWOON GROUP et Simon MAYER

Un concert « rock tropical » chorégraphié par Simon Mayer, danseur de Rosas (Anne Teresa de Keersmaecker) : une proposition extrêmement énergique du belge Stef Kamil Carlens (ex dEUS). Zita Swoon Group est un collectif de musiciens aux origines sonores les plus disparates, un laboratoire rythmique où cohabitent l’orgue, la guitare, les percussions, les xylophones, la basse, la contrebasse, le piano, les claviers, ainsi que les voix de deux choristes femmes et bien sûr celle immédiatement reconnaissable de Stef Kamil Carlens.   Coaché par Anne Teresa de Keersmaecker, le danseur Simon Mayer interagit avec les musiciens à travers une gestualité exacerbée, nerveuse et primitive, sautant d’un coin à l’autre d’une scène très étroite puisque presque entièrement occupée par les différents instruments du groupe. Cette contrainte spatiale est peut-être un parti pris chorégraphique, mais elle montre rapidement ses limites, manquant d’originalité et de richesse expressive.   Le concert apparaît d’ailleurs tout à fait inadapté au contexte imposé par l’Arsenal : l’énergie « rock tropical » de Zita Swoon Groupe se trouve bloquée dans sa communication avec le public définitivement assis, physiquement inactif. Les sonorités de ce groupe auraient dû profiter d’une salle de musiques actuelles où le public aurait eu la possibilité de danser ! On a presque l’impression que, malgré les qualités remarquables des musiciens et l’intensité des morceaux joués, tous leurs efforts sont vains face aux spectateurs immobiles dont la seule réponse sera les applaudissements à la fin de chaque morceau.   La danse de Simon Mayer, souvent accompagné dans ses chorégraphies par les deux choristes, manque de force, de précision et de magnétisme. Sans doute un choix délibéré : une intense agitation décousue voulant correspondre avec les expérimentations rythmiques de Zita Swoon Group. Personnellement, j’ai été très peu sensible à sa gestualité et les sentiments du public à la sortie de la salle sont extrêmement divergents, entre ceux qui ont adoré le spectacle et l’interaction musiciens-danseur et ceux qui n’ont pas du tout été convaincus.   L’élément chorégraphique semble beaucoup plus réussi en ce qui concerne les mouvements et surtout la présence scénique du chanteur, du pianiste, du bassiste et des percussionnistes, capables de donner du caractère à leur jeu.   La performance sonore créée à travers le mouvement de plusieurs cordes par un des deux percussionnistes vers la fin du spectacle est d’ailleurs un moment riche de tension et de beauté visuelle, pour moi le seul beau souvenir de ce spectacle.   Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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