Business is Business, Compagnie PAS DE DIEUX
Mai29

Business is Business, Compagnie PAS DE DIEUX

Pour achever ce mois de mai consacré à la danse, le Théâtre du Lierre propose un spectacle qui rentre plutôt dans la catégorie de “théâtre physique” ou “gestuel”.     Deux hommes et une femme, trois tables et trois chaises, et, après, un escabeau : voici la scène, sobre, simple, mais qui se prêtera facilement aux jeux des acteurs, capables de faire imaginer plusieurs situations et ambiances.   C’est le monde de l’entreprise, avec son paysage sonore typique (téléphones qui sonnent, claviers d’ordinateurs en action) et ses protagonistes multiples (employés, chefs, personnels de service). Presque sans mots, les trois acteurs créeront une véritable histoire, en assumant au fur et à mesure tous les rôles requis par le contexte.   Une gestualité qui mélange des moments saccadés (rappelant par exemple l’esthétique de l’aliénation ouvrière de Metropolis de Fritz Lang) avec d’autres plus fluides et délicats. Malgré une répétition excessive et une certaine longueur dans l’ensemble du spectacle, dans l’intéraction des corps et de leur expressivité individuelle se déploie une ironie délicieuse, une profusion d’états perceptifs liés au monde du travail, à ses enthousiasmes d’équipe, à la cruauté de la compétition et à la dictature des ventes.   Aux frontières entre danse, théâtre et mime, ce spectacle surprend pour sa tendresse et fait surgir facilement des sourires sur les lèvres du public, tout en laissant un halo de tristesse qui entoure la vie quotidienne, avec ces gestes et ces histoires, à la fin du compte, ridicules.   Et, pour conclure, un appel à soutenir le Théâtre du Lierre en danger de disparition !   http://www.letheatredulierre.com/       Gloria Morano & Flavia Ruani © Etat-critique.com –...

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RÊVE GÉNÉRAL / Agnès BIHL / (Banco Music-2010)
Mai26

RÊVE GÉNÉRAL / Agnès BIHL / (Banco Music-2010)

Agnès Bihl nous appelle au rêve général. Un nouveau virage pour cette chanteuse qui nous avait ému lors de son précédent album, Demandez le programme, plus rebelle et intimiste. Agnès Bihl nous appelle au rêve général. Un nouveau virage pour cette chanteuse qui nous avait ému lors de son précédent album, plus rebelle et intimiste. Pour cet album, Agnès Bihl invite des artistes comme Grand corps malade, Alexis HK, Didier Lockwood ou Dorothée Daniel qui signe à elle toute seule plus de la moitié des paroles de l’album. Si le duo avec Grand Corps malade est plutôt maladroit, le texte tombe à plat à côté de la qualité des autres textes, le reste des rencontres apporte un nouveau souffle à Agnès Bihl qui emprunte des chemins plus légers comme dans De bouche à oreille, petite cantate enfantine optimiste sur le devenir de la planète, reprise en chœur par des enfants. On retrouve toute l’énergie d’Agnès Bihl qui déclame des textes sur des airs de musette et de swing manouche. Les grands styles populaires des heures de gloire de la chanson française sont déclinés, de la valse au tango en passant par le blues. Le rythme est souvent soutenu et met en avant une gaieté même lorsque le questionnement sur l’amour est présent dans C’est encore loin l’amour ?. ou Habitez-vous chez vos amants ? avec Alexis HK. Je pleure, tu pleures, il pleut est une jolie chanson d’amour accompagnée au piano qui donne envie d’en entendre plus. L’acoustique met davantage en valeur les textes que lorsque l’orchestration est nombreuse. On se dit alors qu’un album sur ce mode aurait pu tenir largement la route. A ce titre, le SDF Tango avec accordéon chromatique, violon, est une belle réussite, comme Véro qui prouvent encore une fois que c’est dans l’équilibre entre un beau texte et une orchestration acoustique simplifiée mais de qualité qu’Agnès Bihl est la plus touchante et la plus convaincante. http://www.agnes-bihl.fr/...

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Decorum – KATEL – (V2 Music -2010)
Mai06

Decorum – KATEL – (V2 Music -2010)

Katel nous revient avec « Decorum ». Un album aux tonalités pop forgé dans des chemins de traverse rock. Entre bousculades et dédales, Katel enfonce le clou de l’anticonformisme. Bravo. Quelle joie de retrouver la voix de Katel ! Une énergie positive mise au service d’une parole qui s’amuse à chercher perpétuellement les ruptures. Si ce nouvel album est plus pop que rock dans les arrangements, on retrouve la hargne vocale de la demoiselle et surtout l’art de prendre les chemins de traverse pour nous surprendre et bousculer notre âme. Les textes sont toujours appuyés par une articulation volontaire de mots qui ont tout leur poids, sans excès.  Un Dominique A au féminin qui assume sa féminité et son humanisme. « Je suis la racine et le papillon mais au fond je ne sais plus le nom » « Je suis une Muse ou une putain, avant la fin tu n’en sauras plus rien » (Decorum). Un incessant aller-retour entre une tumultueuse intériorité et la banalité du réel rejeté en bloc. Une démarche poétique en somme. Les arrangements penchent clairement sur des ambiances oniriques. Alors on ne sera pas surpris de retrouver Nosfell sur le Chant du cygne, un chant percutant propulsé par des chœurs puissants et vertigineux qui mettent Katel en avant sur un fond de guitares mordantes. Une projection qui la place entre perdition et élévation. La musique tourbillonne quand les phrases enchainent non sens et contournement pour toucher une forme d’absolu. Katel cherche de toute évidence à s’évader du réalisme pour toucher une abstraction figurative qui donne la part belle à la musique. Les motifs se répètent, se superposent, s’entrechoquent, s’épuisent, s’effacent, se « réverbent » (Les Parfums d’été). L’album est émouvant par la forme du texte volontairement déstructurée et chanté par un timbre aigu souvent porté par des chœurs. Le désir de se livrer aux aléas de la vie remet au goût du jour l’envie de liberté.  « Où est l’insoumis qui vivait en vous ? Où est ce chien qui mordait votre cou ? Ce chien invisible quand vous deveniez fou, mon vieil ami ? Où sont les phrases ? » (Mon vieil ami) Une bénédiction ! La pochette de l’album rend clairement hommage au travail d’Escher qui détournait le réel pour construire l’impossible et mettre en abîme une géométrie de l’infini.Chez Escher lui rend un brillant hommage en finissant sur un angoissant violoncelle… Katel parle souvent de folie et de délivrance. Un chant amoureux de l’abandon pour partir dans l’Ailleurs et célébrer l’intouchable. L’album est le parfait reflet d’une tête qui prend le risque de s’échapper de la circularité du monde pour atteindre l’inattendu et l’impossible verticalité. A écouter. En boucle.   Sébastien Mounié © Etat-critique.com –...

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Concert au New Morning de Matthieu BORE
Mai03

Concert au New Morning de Matthieu BORE

    Matthieu Boré était au New Morning. Crooning et swing au programme. L’art de faire danser les notes.     Salle bondée au New Morning. Matthieu Boré est entouré de Stephen Harrison à la contrebasse, de Guillaume Nouaux à la batterie, de Guy Bonne à la clarinette et au sax tenor. Seront invités Ferruccio Spinetti à la contrebasse et Jean Marc Labbé au sax. Costume blanc et pompes blanches, Matthieu est au piano. Dès le départ Boré donne le LA de la soirée, une musique jazz directement inspirée des années 50. Entre swing et rock’n’roll, Matthieu insuffle dans ses mélodies toute sa jeunesse et toute sa tonicité pour un charme évident. Entre la douceur d’Elvis et la vivacité d’un Cab Calloway qui se cacherait derrière le piano mais plus pour très longtemps… Les musiciens s’amusent beaucoup sur scène et on aimerait s’amuser davantage dans la salle. Les culs frétillent rapidement sur les chaises trop serrées du New Morning. Les genoux font la pompe. On a simplement envie de tout envoyer valdinguer pour saisir sa partenaire de gauche et enchainer des pas de danses endiablés, comme au temps fort du Caveau de la Huchette. Stephen Harrison, le contre bassiste, lui, s’éclate. Costume trois pièces cravate, coupe de cheveux gominée et houpette de circonstance, le musicien au masque neutre, jubile intérieurement et se met de côté pour mieux taper sur sa contrebasse. Les pales de la climatisation se mettent en route et nous voilà dans un tripot des bas-fonds Chicagoans.  Les hélices tournent. Steven vient à l’avant-scène, fait faire des 360 à sa contrebasse quand il n’avance pas sa main surmontée d’un peigne noir pour remettre dans l’axe capillaire sa gomine-à-reluire. On sourit et on applaudit devant tant de comédie. Un air de bonheur. On voyage, on pense à Louis Prima, aux danseurs de claquettes et aux autres artistes de Music-Hall montés sur scène pour nous amuser plus que pour se nombriliser. Le concert est au-delà de son dernier album Frizzante (« pétillant » en italien). Une vraie rencontre avec la fraîcheur et la créativité d’artistes présents pour être, sans esbroufe dissimulée. On joue et on assume. On fait le spectacle pour un jazz populaire qui a fait danser des cohortes de noctambules. Matthieu oublie une grille pour le sax, qu’importe, on ajoute quelques grilles pour permettre au sax de chorusser et de partager avec le public ses moments de bonheur. Le public ne participe pas assez, on stoppe, on dialogue le sourire en coin avec le public et ça repart au piano. La voix est convaincante, les compositions de structure classique sur le fond mais modernes sur la forme et le ton utilisé. Une...

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