Masurca Fogo, Pina Bausch
Nov25

Masurca Fogo, Pina Bausch

A dix ans de distance, le spectacle de 1998 de Pina Bausch revit sur le plateau du Théâtre de la Ville : un tribute émouvant à la grande choréographe disparue cet été.   A dix ans de distance, le spectacle de 1998 de Pina Bausch revit sur le plateau du Théâtre de la Ville : un tribute émouvant à la grande chorégraphe disparue cet été. Masurca Fogo est inspiré par l’atmosphère du Portugal, suite à une résidence que la compagnie de Pina Bausch a réalisé à Lisbonne en 2008. Cette création poursuit la recherche liée aux rapports entre les hommes et les femmes, à leurs rencontres, aux solitudes de chacun. Comme toujours il s’agit d’un travail chorégraphique qui alterne danse et théâtre parlé. Les solos (très nombreux) et les moments de danse en groupe (plus rares) s’alternent à séquences jouées qui, influencées par le quotidien des rues de Lisbonne, font surgir de vrais personnages drôles, décalés, touchants. Les situations de jeu et les corps des hommes et des femmes sont mis à l’épreuve d’une bande-son très variée, composée de musique cap-verdienne, ainsi que de sons de percussions, de mélodies fado, de chansons pop-jazz etc. Des moments plus sentimentaux et érotiques succèdent à saynètes comiques et exhilarants, proches de l’absurde. Souvent des vidéo-projections envahissent entièrement la scène en plongeant les corps des danseurs-acteurs dans de paysages portugais faits d’animaux et de nature sauvage. Masurca Fogo, au contraire des créations plus anciennes de Pina Bausch, propose une vision plus positive des relations hommes-femmes. L’érotisme est fait de passions furtives, de jeux de séduction et de moments burlesques émouvants et saisissants. La première de dimanche 22 novembre 2009 a été applaudie intensément dans la commotion collective. Un hommage éloquent à l’œuvre de Pina Bausch, hommage qui se poursuit au Théâtre de la Ville jusqu’à la fin du mois.   Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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Le Cirque des Mirages aux Trois Baudets / Yanowski et Fred Parker
Nov19

Le Cirque des Mirages aux Trois Baudets / Yanowski et Fred Parker

Il ne manquait plus qu’eux aux Trois Baudets. Le Cirque des Mirages a bien voulu y faire une pause. Un choc de grâce et d’humour pour amoureux des maux. Cela fait plusieurs années qu’ils sillonnent la France de long en large, Fred Parker le pianiste et Yanowski l’auteur chanteur de cet incroyable duo expressionniste. L’esthétique est fondée sur un mélange de poésie, de chant et de grâce. La narration commence avec les déboires d’un auteur endetté poursuivi par un huissier. L’histoire finit mal, un meurtre non prémédité. L’huissier est assassiné à coup de grands gestes, d’éclairage  et de touches de piano : des noires. S’ensuivent alors des histoires empruntées à l’absurdité de notre monde. Du bureau administratif fermé à l’heure pétante qui ne permet pas de délivrer un récépissé, au terrible destin d’un employé, affublé de l’indélicate phrase « il est con Jambier », tout est là pour accabler les hommes souvent désireux d’en finir eux-mêmes avec l’humanité. Les Barbares sont partout autour de nous. Parker et Yanowski nous le font rapidement comprendre avec une langue qui élève le spectateur vers un monde imaginaire de finesse et de beauté. Les mots sont choisis pour éveiller l’oreille et le temps dans un rythme effréné qui ne ménage jamais le corps du comédien chanteur, étiré, chamboulé,  sur un plateau vidé pour mieux résonner avec le martèlement des maux. Yanowski suit les mots les mâche et les digère, une respiration humaine qui percute et jamais ne lasse. On retrouve l’extravagance des voix de l’opéra,  la grâce gestuelle d’une Barbara, l’androgynie des pantins manipulés au gré du vent et du destin, la noirceur et la dureté de l’artisan perfectionniste qui va au bout de l’intention. Une étonnante loufoquerie qui manipule avec talent l’Amour et la Mort. Yanowski et Parker sont deux magnifiques icônes du spectacle vivant. A découvrir d’urgence. Le Cirque des Mirages :http://www.cirquedesmirages.com/index.php Les Trois Baudets : http://www.lestroisbaudets.com/   Sébastien Mounié© Etat-critique.com – 19/11/2009 – Le cirque des mirages DU 10 AU 29 novembre 2009 les trois baudets 64 bd de clichy paris 18 infos@lestroisbaudets.com réservation/info lestroisbaudets.com ou Par tél au 01 42 62 33...

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Les Caramels fous, Madame Mouchabeurre
Nov11

Les Caramels fous, Madame Mouchabeurre

Jusqu’au 21 novembre, vous allez pouvoir rire, vous amuser, vous détendre entre amis, partager un vrai bon moment. Et ça n’arrive pas si souvent ! Merci aux Caramels Fous, une troupe amateur de chanteurs et danseurs gays, qui vous entraîne dans leur dernière aventure, « Madame Mouchabeurre ». Comme Madame Butterfly, Mme Mouchabeurre rêve d’un amour perdu. Mais la transposition est bien loin de l’expression dramatique de l’original. L’action se situe dans un petit port breton, Plou Her meur, et va, en trois tableaux, des années 1950 aux années 1980. On voit ainsi changer la Bretagne, du petit bistrot au fast-food. Mme Mouchabeurre (ex- Melle Chouchenn) doit se marier avec le patron du bistrot. Mais ce soir-là, juste avant ses noces, débarque un beau marin américain auquel elle se donne et dont elle aura un enfant. Le mari repart, Yvon Mouchabeurre l’épouse, tout pourrait être oublié, se tasser avec le temps. Mais c’est sans compter sans l’imagination débridée deMichel Heim et des autres Caramels. Bref, cette comédie musicale est fertile en rebondissements. Surtout, leurs parodies de chansons et d’airs connus est absolument hilarante.Bien sûr, il y a les classiques bretons, les chansons de Tri Yann telles « La jument de Michao », qu’honore de vaillantes bigoudens. Mais ce n’est pas tout : de « Titanic » à Salvatore Adamo en passant par Michel Polnareff ou les Rita Mitsouko, le public n’est pas au bout de ses surprises. Mention spéciale à Maryvonne, la bonne du curé, qui nous fait une sacrée interprétation du titre éponyme d’Annie Cordy. À se tordre !!! Et quand cette bonne décide de devenir un garçon, un gay très cuir amoureux d’un trans, on se demande où tout cela s’arrêtera. Mozart et sa « Flûte enchantée » (avec ce fabuleux air de « Papageno »), mais aussi Hoffmann ou Offenbach, les Caramels ont de sacrées références. N’oublions pas que tous ces chanteurs et danseurs sont bénévoles. La chorégraphe Nadine Féty et le directeur musical Nicolas Kern ont également uni leurs talents pour le meilleur. En ces temps de crise, il n’y a rien de mieux que quelques vrais éclats de rire. Après « La Nuit des reines » et autres « Dindes galantes », les Caramels Fous sont encore au rendez-vous. Merci, messieurs. Les gens qui nous font autant rire méritent tout notre respect.       Les Caramels Fous – Madame Mouchabeurre Nicolas KERN et Michel HEIM Trianon 80, boulevard Rochechouart, 75018...

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GENTE DI PLASTICA, Pippo DELBONO
Nov04

GENTE DI PLASTICA, Pippo DELBONO

L’édition 2009 du festival Vidéodanse, débutée au Centre Pompidou ce 21 octobre, donne la possibilité de revoir une œuvre de l’auteur de théâtre italien Pippo Delbono.     Pippo Delbono, au cinéma cette année avec ses films La Menzogna et La Paura (tourné avec téléphone portable), est également un des protagonistes du festival Vidéodanse qui, pour cette édition, a choisi comme thème la relation entre le réel et la danse. Et à raison. Le spectacle Gente di Plastica [Gens de plastique], réalisé en 2002 et présenté au Théâtre du Rond Point en 2004, dont il est possible aujourd’hui visionner la version filmé en 2006 par Christophe Bargues, questionne cruellement la fausseté et le vide du quotidien familial. Il s’agit d’une critique intense et rythmiquement articulée de la société moderne qui construit tous ses rêves dans le miroir du spectacle télévisuel.   Les saynètes interprétées par les comédiens poussent jusqu’au bout les clichés et la symbolique de la société, à partir des codes et des dynamiques familiaux. La construction de cette surface de typologies humaines, de caractères distinctifs en termes de gestes et d’habillement, met en évidence le vide sous-jacent, sa violence, sa tragédie.   Le rythme est donné par le DJ Delbono qui choisit et annonce les mélodies. Les chansons deviennent le fil conducteur des séquences dans lesquelles sont déconstruites jusqu’à l’implosion les images et les apparences sociales. La voix de Delbono, racontant la guerre et la poésie, narre le spectacle infini qui transforme les visages humains en masques, qui dévoile le monstrueux du quotidien.     Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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Dîtes-leur que je suis un homme, d’Ernest J. Gaines
Nov03

Dîtes-leur que je suis un homme, d’Ernest J. Gaines

Dans la Lousiane des années 40, un braquage minable d’une épicerie tourne mal : quelques morts et un gamin qui se retrouve condamné pour avoir été présent sur les lieux du crime. Etait-il simple spectateur ou participant actif à la rapine ? Toujours est-il que ce jeune homme, un (sale) nègre pour les uns, un frère pour les autres, sera investi par son peuple de la mission de montrer aux blancs qu’il est bien un Homme. Car son avocat (blanc, faut-il le préciser ?) ne trouvera rien d’autre à dire que : « Soyez cléments, messieurs. (…) Quelle justice y aurait-il à prendre sa vie ? Quelle justice, messieurs, autant placer un porc sur la chaise électrique ». Ce n’est bien sûr pas la clémence qui sera au rendez-vous pour Jefferson, mais la peine capitale (le jury est blanc) ; or, la comparaison utilisée par l’avocat n’aura de cesse de hanter non seulement le jeune homme mais surtout sa tante, qui l’a élevé et qui n’accepte pas que son « fils » soit à ce point rabaissé. Elle se mettra donc en tête de faire de lui un Homme par l’intermédiaire du pasteur (chargé de son âme) et de Grant Wiggins l’instituteur (chargé de son éducation). Cet instituteur – le narrateur du roman – n’accepte sa mission que de mauvaise grâce, pour faire plaisir à sa tante et surtout à la femme de sa vie. Il rechigne et traîne les pieds car il ressent une contradiction à prétendre faire de quelqu’un un homme quand il ne se considère lui-même que comme un lâche, un semi-esclave. Il faut dire que la condition des noirs n’a pas évolué depuis leur affranchissement : les blancs – par le biais de brimades et d’attitudes dédaigneuses répétées – leur montrent quotidiennement qu’ils se sentent supérieurs à eux. Wiggins parviendra-t-il à faire mieux avec Jefferson qu’avec ses élèves pour qui il ne peut pas grand-chose, confronté qu’il est à une année scolaire réduite en raison des travaux aux champs (3 mois de moins que pour les blancs), à une classe surchargée et à des moyens cruellement insuffisants ? « Je confiais à trois de mes grands élèves la tâche d’enseigner aux petits du cours préparatoire et du cours élémentaire, et je me chargeais du cours moyen. C’était la seule façon de faire la classe à tous les enfants tous les jours. Je consacrais les deux dernières heures de l’après-midi aux deux classes supérieures ». Wiggins est tiraillé entre son envie de fuir, de partir loin de cet héritage funeste, de sa condition servile, et son désir de changer les choses, de lutter. Il a peur d’agir, peur de l’échec qu’on lui destine depuis qu’il est tout petit. « C’était lui, Matthew...

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