Rosas danst Rosas, Anne Teresa De Keersmaeker
Oct27

Rosas danst Rosas, Anne Teresa De Keersmaeker

La reprise 2009 du spectacle qui en 1983 donna le grand succès à la chorégraphe belge remet à l’épreuve de la durée le mouvement sériel dans un crescendo de tension et enchante à nouveau le public. Rosas danst Rosas se compose de cinq parties. Dans la première, silencieuse, les corps des quatre danseuses respirent au ras du sol. La chorégraphie commence à confronter la sérialité des mouvements aux différents schémas quantitatifs de globalité ou de séparation des quatre présences. Les pauses qui alternent les répétitions des mouvements violentent les spectateurs, l’obligent à vivre la durée, à y trouver un rythme. Les parties suivantes, grâce à la présence de la musique, sont plus accessibles et arrivent à impliquer le public dans un crescendo de tension, dû à une augmentation de la vitesse et à une complexification des structures sérielles. Les parties suivantes, grâce à la présence de la musique, sont plus accessibles et arrivent à impliquer le public dans un crescendo de tension, dû à une augmentation de la vitesse et à une complexification des structures sérielles. La dynamique mise en place par Anne Teresa de Keersmaeker oppose sans arrêt la ressemblance et la différence, l’unisson et l’individualité, l’interactivité et l’isolement, l’hypnose de la répétition incessante et la perception des inégalités. Une empathie grandissante unit le public et les danseuses qui ne cachent pas leur fatigue et qui rentrent de plus en plus dans un jeu de séduction avec les spectateurs. Si les débuts sont difficiles, donc, la mise en scène s’ouvre de plus en plus à la jouissance du rythme et de l’obsession de la sérialité et de ses variations. La folie de la durée infinie.   http://www.theatredelaville-paris.com/hs_textes.php?video=415&page=23     Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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Christophe Alévêque est Super Rebelle !…enfin ce qu’il en reste
Oct20

Christophe Alévêque est Super Rebelle !…enfin ce qu’il en reste

Christophe Alévêque est Super Rebelle… il est aussi super drôle ! Christophe Alévêque entre en scène affublé d’un déguisement de super-héros démodé. Il reste muet quelques instants, l’air accablé et dépité. Et de fait, il n’a pas le moral. « Super Rebelle n’a plus la pêche : hier j’ai croisé un camion de flics, je ne les ai même pas insultés ». Mais Super Rebelle retrouve bien vite son énergie, galvanisé par ce monde moderne si facile à railler tant il est absurde. Avec son débit de mitraillette et sa voix légèrement haut perchée, Christophe Alévêque commence par fustiger l’argent, ce « doudou d’adulte » et la société de consommation qui consiste à « acheter des choses dont on n’a pas besoin avec de l’argent qu’on n’a pas ». Il enchaîne sur les média et leur fascination béate devant l’incontournable hyper-président (pas le camembert, le Nicolas) avant de faire un sketch à mourir de rire sur les ados. Je sais, le thème est vu et revu, mais il faut reconnaître que Christophe Alévêque s’en sort vraiment très très bien avec ce sujet. « Françoise Dolto, sur le fond, elle a raison… le problème c’est qu’on vit en surface ! » Christophe Alévêque retrouve tellement la forme qu’il se met même à chanter! Il ponctuera son spectacle de trois ou quatre chansons pas vraiment inoubliables mais pas non plus insupportables, un peu à la manière d’un Bénabar. Mais qu’ont donc tous ces comiques, Gad Elmaleh en tête, à se prendre pour des chanteurs ? On apprécie particulièrement la revue de presse désopilante qui achève de mettre le public dans la poche de Christophe Alévêque. Il parvient à instaurer une complicité étonnante avec les spectateurs qui, malgré la taille non négligeable de la salle, se sentent très proches de l’humoriste. (Les puristes noteront que Christophe Alévêque recycle quelques chroniques, lues notamment dans Siné Hebdo où il officie.) Christophe Alévêque termine son spectacle en apothéose, nous faisant revivre à la façon d’un exutoire le concert d’investiture de Sarkozy à la Concorde et permettant au public de se lâcher complètement et de quitter la salle heureux. En sortant, j’ai même entendu des spectateurs se féliciter de ce que le spectacle de Florence Foresti était complet. Du 17 octobre au 14 novembre 2009, Théâtre du Rond...

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F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH
Oct03

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

          Bertrand Belin rencontre Tatiana Mladenovich dans le cadre du Festival des attitudes indépendantes. La finesse en action. Bertrand Belin est un personnage à lui tout seul. Peu connu du grand public, il l’est surtout des passionnés de la guitare et des artistes français avec lesquels il collabore très souvent dans l’ombre des studios comme arrangeur compositeur ou guitariste. Voix d’outre-tombe susurrée près du micro, toucher de guitare à faire rougir les cordes, Bertrand a un charisme scénique qui fait pleurer les notes. Dans le cadre du Festival des attitudes indépendantes, le voilà au Théâtre des Trois Baudets, seul en scène avec Tatiana Mladenovitch à la batterie, une autre icone du paysage musical français. Tatiana, chevelure noire toujours ébouriffée, vêtue de bleu est à jardin. Bertrand, veste beige, chemise rouge et Jean noir occupe le reste du petit plateau, borné par les amplis et ses deux guitares côté cour. Et c’est parti pour plus d’une heure d’échanges musicaux. Duo de charme, la paire fonctionne à merveille. Bertrand reprend avec allégresse « colosse » et des titres plus récents de la Perdue, son dernier album. En parfaite harmonie avec Tatiana, réceptive aux moindres variations de la guitare, le chant de Bertrand colle aux notes. Peu de mots. Juste une harmonie vocale pour suggérer plus que pour imposer. Belin est un dandy. Le dandy se dandine sur scène avec sa femme-guitare. Il glisse sur la scène autour de la batterie. Ca patine et ca provoque, ça regarde et ça séduit, jeu de jambes à l’appui. Un savant mélange de désir et d’humilité autour de la reine Musique. Une recherche permanente d’équilibre de notes et de sons dans des ballades folk-rock qui prennent des chemins forcément inhabituels. Alors quand Tatiana se lance vocalement dans des contre-chants en nappe vocale ou en chœur, c’est à tomber par terre. Somptueux de finesse et d’élégance. La grande classe. Belin et Mladenovitch viennent une fois plus de prouver que c’est dans l’à-côté que se créent les plus belles surprises et les plus beaux bonheurs. Même si cela fait longtemps que ces deux artistes se connaissent, la sincérité reste d’une grande beauté. Si leur chemin passe près du vôtre, ne les loupez pas. Un duo à connaître absolument. http://www.myspace.com/bertrandbelin     Sébastien...

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