Aucun mal ne vous sera fait / Alister / (Barclay-2008)
Mai19

Aucun mal ne vous sera fait / Alister / (Barclay-2008)

Alister vient de sortir Aucun mal ne vous sera fait. Un premier album à ne pas manquer. De l’humour et une certaine désinvolture qui change du paysage actuel. Un regard décalé à découvrir sur fond de musique sixties. Faut y aller, c’est du tout bon !   L’ouverture de l’album annonce le style et le potentiel du chanteur. Alister est du genre à ne pas se prendre trop au sérieux. Une autodérision et un regard assez pessimiste en définitive sur la jeune génération. Entre leTanguy de Chatiliez et le looser, le djeune se cherche. Un coup d’œil goguenard et décalé qui cache une morosité de cœur, une amertume. « Qu’est-ce qu’on va faire de toi » sent franchement le tube radio, avec une ritournelle qui reprend le titre ; le morceau, sur fond de chœurs masculins propose : « on va t’utiliser pour des crash-tests, on va te présenter à des derviches-tourneurs (… ) on va te dire les astres (… ) on va te saupoudrer de saccharine (…) On va t’occuper avec ton surmoi, on va t’aveugler avec ta libido, on va penser à toi avec des SMS, on va t’inoculer de l’allégresse, on va t’injecter de la graisse, on va te diviser en pixels(…) on va t’aimer sans fin, on va t’aimer sans fond »… La « romance nerveuse » d’une société de consommation où l’homme finit par se cannibaliser et ne plus savoir quoi faire de sa peau. De la psychologie curative pour neurasthénique ! Le ton est celui d’un pince-sans-rire désenchanté. « Est-ce que je suis normal ? » demande Alister dans « Fille à problème ». D’un côté, le texte, entre chanté et parlé, donne une pesanteur aux morceaux. De l’autre, les musiques, pêchues pour la plupart, donnent à l’ensemble une personnalité qui sort du lot. A l’écouter on pense aux débuts de Dutronc et à ses millions de chinois, au ton de Lou Reed. Incroyable. C’est possible en français ? Deux styles. Le désabusé comique et le mélancolique.  Quand Alister prend le piano sur « Quelque chose dans mon verre », les notes reprennent tantôt des lignes mélodiques de Berger, tantôt une pop anglo-saxonne sur « Barnum ». Un spleen musical qui laisse passer des textes en avant plan, ce qui n’est pas pour déplaire. Baxter Dury et Craig Silvey l’ont accueilli à Londres, rien que ça. On comprend pourquoi  à l’écoute. Alister sait mettre en réseau les mots. Les soupes de mots qui semblent balancés à la va-vite dans les textes jaillissent comme ceux bombardés par les médias. Posés les uns à côté des autres, la vacuité du réel amuse. Ces milliards de mots dont on nous rabat les oreilles…  Les pamplemousses de « Miami » sonnent juste. « Paris by night » parlera forcément aux noctambules...

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