Sur tous les tons, dans les aigus, dans les graves, avec des gestes, avec des mimiques, les cheveux en l’air… C’est très drôle, mais tout au plus les gens du public sourient, personne ne rit.
- Et de temps en temps… je coupe le son… je remets le son… et je coupe le son… et je remets le son…. J’adoooooore…Cela dure assez longtemps, et puis un des deux mecs parmi les cinq alignés se jette sur lui, le fait tomber par terre, se roule avec sur le sol, c’est la bagarre… Les autres ne voient rien. Ils s’emparent de leurs micros et les déplacent à d’autres endroits. Ils entament d’autres textes, bougent leurs corps, prennent vie, se choquent, s’entrechoquent. Ils enlèvent leurs uniformes noirs. D’abord le haut. Les filles ont de très beaux seins.
- Excuse-moi j’ai éjaculé dans tes cheveux à un moment inadéquat…, vient nous confier l’autre gars, pas celui qui se bagarrait.
- Alors excuse moi, alors excuse moi…
- Qu’est-ce qu’il a dit ? J’ai pas compris c’qu’il a dit ? rétorque l’échevelé torse-nu accroupi au sol.
Et patati et patata, les filles enlèvent le bas et enfilent slips et sous-pull rose. Ils deviennent tous en sous-pull rose ! Et en slip. Danse et chant s’entremêlent, les sept protagonistes allant de l’un à l’autre en parfaite indifférence les uns pour les autres.
- Répétez après moi… (voix suraiguë) - Après moi ! (les autres) - Non ! Répétez après-moi : on n’a rien compris au film (voix suraiguë)- On n’a rien compris au film (les autres) - Répétez après-moi : c’est fou comme on s’la pète (voix suraiguë) - C’est fou comme on s’la pète (les autres) - Répétez après-moi : on s’prend pas pour de la merde (voix suraiguë) - On s’prend pas pour de la merde (les autres)
Et alors ? Alors, le sol se soulèvera lentement pour engloutir inexorablement sept êtres humains en slip et sous-pull rose dans une sorte de monstrueuse vague bruyante et caoutchoutée. Punition ? Prémonition ? Résurrection ?
Hallucinant, troublant, indescriptible, drôle et unique, ce spectacle autour des chanson de son dernier album est une folie géniale de plus dans la vie de Philippe Katerine dont la place dans l’univers artistique français est décidément en train de s’affirmer magistralement.
Chance ! Ce spectacle sera re-visible à Paris (Centre Georges Pompidou) du 26 au 28 avril 2007, puis à Suresnes le 15 mai, puis par-ci par là...
Pré-requis indispensable : être imbibé du disque au préalable.
Roland Caduf
© Etat-critique.com - 09/04/2007