Eurovision 2007
Mai22

Eurovision 2007

  Il m’a fallu plus d’une semaine pour digérer l’Eurovision 2007. C’était un samedi soir. Un samedi soir de chronique, un samedi soir de comiques. La Télé. Télé. Insignifiant comme nom. Une lettre. T. Et un adjectif mal prononcé. Laid. Seuls les gens du sud avec un accent en comprennent le sens profond… Vision fantasque d’une soirée qui navigue entre rêve suranné et ovni d’une galaxie Gutenberg méconnue. Drôle de figures. Entre Freaks de Tod Browning et les Schtroumpfs de Peyo. Leur étoile a dû imploser et ils sont venus peupler nos ondes en espérant qu’on les adopte. Culture populaire du rien et de l’indicible. On essaie de se prêter au jeu. Comme au tirage de la loterie nationale. On invente rapidement le numéro de la boule avant qu’elle n’apparaisse à l’écran. On joue nous aussi jusqu’au moment où une voix pulpeuse nous ramène à la réalité du monde. Tu n’as rien. Tu n’as rien trouvé. Tu as perdu. Les boules n’étaient que des boules. On se console en disant qu’on a bien fait de ne pas avoir joué car on aurait perdu. La preuve. Epiphénomène d’une excitation. Les autres pleurent car ils ont trouvé tous les numéros ce soir-là mais n’ont pas joué. Ils peupleront pour certains la rubrique nécro du quotidien régional… Ce soir-là, ce sont les mômes qui sont contents. Ils sont encore dans le jeu. Pas d’argent dans la tête. Eux seuls comprennent qu’il faut le prendre comme un rien, comme un temps volé incompréhensible. Ce soir-là, dans les familles de France, on prend une petite feuille et chacun face à son poste note désormais chaque groupe passant à la T-lé. Lequel vais-je adopter ? A qui vais-je faire honneur ce soir ? Qui va recevoir mon dévolu ? Que je me sens bien. Ces êtres enfermés dans cette petite boîte en deux dimensions. Je me sens roi, je me sens reine. Le spectateur est roi. Coup de bol, ce soir la Cour des Miracles a donné ce qu’elle a de meilleur. Il y a du Gwynplaine, de l’Homme qui rit, de l’Esméralda en toc, du troubadour de premier choix, du mégalo-paillette. Comment ont-ils fait pour les réunir ? Comment en est-on arrivé là ? Quelle chance pour moi. C’est inespéré. Ca commence. Pas de voix pulpeuse. Deux voix masculines. Un certain Tex. Et « Le Perse ». Encore deux extra-terrestres. La soirée s’annonce belle. Je ne me trompe pas. Les calembours s’enchaînent avec une dextérité plus ancienne que celle du 18ème siècle. J’admire Tex.  Comment a-t-il fait pour réactualiser trois siècles de calembours tombés dans l’oubli ? Il y a trois siècles, pour des mots d’esprit aussi recherchés en prime time, il aurait...

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