Radio Cortex / R-WAN / (Makasound / Black Eye – 2006)
Mar04

Radio Cortex / R-WAN / (Makasound / Black Eye – 2006)

Premier album en solo pour le chanteur de Java et toujours la même volonté de décoiffer avec humour ! On en redemande !   Si vous ne connaissez toujours pas Java, il serait temps, entre rap, reggae et urban musette, Java, c’est un peu les rescapés du bal musette version vingt et unième siècle avec accordéon en fond et rythme dansant en avant.   Le troisième album de Java se faisait attendre et voilà que son chanteur R’Wan sort un album solo « Radio Cortex » avec un label indépendant Makasound / Black Eye. Un album concept autour de la radio qui permet à R’wan d’explorer notre monde et de continuer à clamer ses contradictions et ses différences. Le tuner navigue et surfe sur une radio pirate qui s’ouvre à tout ; cortex et messages bouillonnent, ambiance Freestyle garantie.   L’album s’ouvre sur deux reprises réadaptées version R’Wan. La première, Radio Active, reprend le thème de petit papa Noël de Tino Rossi mais sur fond de bombe nucléaire, ce champignon qui nous pend au bout du nez… Quant à la deuxième, il s’agit de la reprise de Laisse Béton de Renaud renommée Lâche l’affaire avec un excellent remake des paroles où le verlan prend du coup un sacré coup de vieux au regard de ce nouveau langage de banlieue, de loin plus contemporain. Rire assuré : « Matte le quidam : il a les airs max à Jordan. Alors blanc bec t’aimes le basket, ben on va l’ouéj à ma façon ; j’vais juste un peu changer les règles : on est les joueurs, toi t’es l’ballon (…) »   Malgré l’annonce des 19 titres, R’Wan pirate-urbain ne nous lasse pas, alternant rythme reggae (dans A ta porte, mixé en Jamaïque avec des musiciens du cru), hip-hop, groove et même balade dans On se dit tu ?, une chanson interprétée par Maud Legenedal, une comédienne rencontrée au hasard de la vie qui nous fait entendre une douceur de voix proche du Tourbillon de la vie de Jeanne Moreau. Une belle invitée surprise.   Laurent Guéneau, ingénieur du son du fameux « Tout le bonheur du monde » de Sinsemilia notamment, donne à l’ensemble de l’album un son très cohérent malgré la diversité des musiques. Les titres sont aérés de Radio Caliente, trois morceaux en transition qui donnent une couleur chaude à ce premier opus plein de vie et d’allusions comiques propres à l’écriture d’ R’Wan. Dans C’est l’caramel sur la cerise, une chanson « ragga » très efficace et dansante qui se moque gentiment de la stupidité des textes de certaines productions zouk et reggaeton, R’Wan vient nous prôner...

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Musiques de chambre / SYRANO / (Les doigts dans l’zen/ L’Autre Distribution – 2006)
Mar02

Musiques de chambre / SYRANO / (Les doigts dans l’zen/ L’Autre Distribution – 2006)

  Se servant des masques de l’enfance et du théâtre, Syrano chante en demi-teinte un monde à la dérive.     La pochette dessinée par Syrano lui-même représente des musiciens costumés en Pierrot, Arlequin, M. Loyal ou en poupée mais ne vous y trompez pas, l’orchestre est bien rôdé, les textes taillés au couteau et le timbre assuré. Syrano, c’est un accordéon joué par « Papa », un violon joué par « Béné-la-poupée », des chœurs et des boucles lancés par « Cherzo-M. Loyal », une guitare « Alesk, l’arlequin », un violoncelle « Thècle », une autre poupée, et une voix : « Syrano ». Le groupe a remporté de nombreux tremplins depuis l’année 2005. L’ascension est là. Tant mieux pour les textes qui ne se cachent derrière aucun masque. Syrano vient du rap et du feu collectif Exkalibur alors on ne s’étonnera pas de la verve et de cette volonté de dénoncer les inégalités sociales. Sous des formes très diverses, Syrano lance ses textes sur des dictions rappées, slamées, frappées, clamées pour mieux crier les injustices et atteindre la liberté. L’Ecolier ne veut pas grandir, veut garder sa candeur et prendre des gamelles à vélo, sauter à pieds joints dans les flaques et le doute. Alors quand l’album s’ouvre sur les orgues de Barbarie sur un air entraînant, la barbarie sonne différemment. A écouter d’un peu plus près, on côtoie de drôles de fantômes, des poètes auxquels on a tranché les mains, des petites excisées, des enfants affamés, des ouvriers broyés, des fanatiques et des guerriers de toutes formes. La danse macabre ne fait que commencer puisque tout est devenu spectacle ici-bas. Syrano nous appelle à la danse mais pour mieux dépasser ces images incessantes qui nous harcèlent à travers les tubes cathodiques. Ces drames que tout le monde observe sans bouger. Les vieux ont chaud durant l’été 2003 et les saules pleurent le temps qui passe. Les colombes laissent la place aux corbeaux blancs qui s’occupent des enfants des favelas engagés dans les milices, des enfants qui vont au charbon, de ces esclaves des temps modernes, et pendant ce temps, la Terre reste ronde, dans le meilleur des mondes. Alors, avec la Rue Kétanou, Syrano nous emmène dans le rêve. Les cailloux sont oniriques et voilà un prisonnier qui en ramasse pour faire pousser des murs de liberté, persuadé que les seuls prisons et ghettos sont dans les têtes des gens. Enfermés dans nos bulles pour mieux nous protéger nous passons à côté du monde. Cette bulle d’oxygène stérile synonyme de prison pour les enfants bulle, est un enfermement qui va jusqu’à ronger certaines filles comme Ficelle, cette...

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