Rétroviseur personnel de Nicolas Lejeune pour Etat-critique.com
Et ta critique ?
Deux des meilleurs albums de tous les temps (pour ouvrir cette série), de la soul comme s’il en pleuvait, les débuts d’Hendrix et un p’tit western spaghetti pour faire passer le tout, vous reprendrez bien un peu de cette année 66 ?
The Beach Boys – God Only Knows
1966 pour les Beach Boys, c’est l’année des chefs d’œuvre : ils sortent à la fois leur meilleur single Good Vibrations , et leur meilleur album, Pet Sounds, à l’orchestration et aux mélodies d’un raffinement incomparable. Voici God Only Knows, et ses harmonies vocales célestes.
The Beatles – Eleanor Rigby Autre album incontournable de l’année :Revolver, que beaucoup considèrent comme le meilleur des Fab Four. J’aurais pu sélectionner n’importe quel titre (le pré-techno « Tomorrow never Knows », le sublime « For No One », mais ce Eleanor Rigby signé McCartney a ma préférence, avec ce texte très réaliste et social, assez inhabituel pour les Beatles.
The Kinks – Sunny Afternoon Immense groupe de la British Invasion, les Kinks, emmenés par les frères Davis, se distinguent par une impressionnante série de singles tous aussi mélodiques les uns que les autres, avec un humour grinçant et un regard plus qu’ironique sur la société british des années 60.
Jimi Hendrix – Hey Joe Octobre 1966. Le public français, venu applaudir Johnny à l’Olympia, découvre un jeune guitariste black ultra looké accompagné de deux Anglais et qui joue du blues psychédélique sur sa stratocaster en exécutant ses solos avec les dents (un vieux truc de bluesman). C’est le 4e concert officiel de l’Experience !! On imagine les commentaires du public (« c’est quoi, euh, c’t espèce de tapette ? »). A noter que Johnny fut un des premiers à remarquer Hendrix à Londres.
Junior Wells – Messin’ With the Kid En parlant de blues… Plus très en vogue auprès des Noirs qui lui préfèrent la soul, le blues conquit le public blanc grâce aux Stones, à Hendrix, ou à Mayall, Clapton et toute la clique. En attendant, on enregistre toujours du blues, du vrai, à Chicago, et ce titre de Junior Wells, qui lui-même y ajoute des influences soul (James Brown), est là pour l’attester. Cette vidéo, plus tardive, est de 1978.
The Supremes – You Can’t Hurry Love On les a un peu oubliées, mais les Supremes ont eut un succès monstre dans les sixties, concurrençant même les Beatles au milieu de la décennie (5 numéros un consécutifs en 1964-65 !). Les Supremes, c’était un peu la chose de Berry Gordy, le patron de la Motown, dont le dessein était de marier pop et soul pour conquérir l’Amérique moyenne. Quel tube !
The Four Tops – Reach Out I’ll Be There Encore un exemple du genie musical de la Motown et de la bande de musiciens, les Funk Brothers, qui participaient à toutes les séances (mention spéciale ici au fabuleux break de basse juste avant le refrain). Les Four Tops, groupe mené de voix de maître par Levi Stubbs, gravent là un des plus grands tubes des sixties, peut-être le single motown le plus proche du pur gospel.
Ike & Tina Turner – River Deep, Mountain High J’ai choisi ce clip à la qualité sonore plus que moyenne parce que Tina y est absolument irrésistible. On a souvent en tête la Tina de 50 balais des années 80, mais celle des sixties était tout simplement sublime. Ce morceau est bien sûr une collaboration entre le sulfureux couple et le fou et génial producteur Phil Spector.
Percy Sledge – When A Man Loves A Woman Quelle année fabuleuse pour la soul ! Nous sommes ici dans le Sud profond, à Muscle Shoals, Alabama pour être précis, le troisième grand studio mythique du rhtym’n’blues avec Motown à Detroit et Stax à Memphis. Percy Sledge, ancien infirmier, ne savait pas chanter autrement qu’avec toute son âme et ses tripes, sur ce standard mais aussi sur des perles moins connues comme « Take Time To know Her » ou des reprises de country music à la sauce soul.
? and The Mysterians – 96 Tears Un hymne du garage rock, avec ce son d’orgue Vox (ou Farsifa ?), sorte de Hammond pas cher. « 96 Tears » -qui au départ s’appelait 69 Tears mais les prodos l’ont censuré- fut aussi le premier tube d’un groupe de rock latino. A noter que le leader a fait légalement changer son nom pour « ? », et fut aussi un des premiers artistes rock à cultiver l’anonymat derrière ses grosses lunettes noires.
Antoine – Les Elucubrations Dylan fait des émules en France. L’année où il obtient son diplôme de Centrale (comme Boris Vian auparavant), Antoine cartonne avec cette chanson, pourtant lancée contre l’avis de son producteur. Difficile de trouver dans les sixties, des chansons françaises qui sonnent authentiquement rock. Celle-ci en fait partie. Avec en prime le scopitone de l’époque.
Ennio Morricone – L’Estasi dell’oro Les sixties voient l’émergence de la B-O pop, de la B.O –tube, avec par exemple John Barry pour James Bond, Michel Legrand chanté par Dusty Springfield, ou bien sûr Ennio Morricone pour sa trilogie du dollar qui s’achève avec "Le Bon, la Brute et le Truand". Tout le monde connaît le fameux thème, mais vous souvenez-vous aussi de cette fameuse « Extase de l’or » ?
12 c’est 12, et pas un de plus. N’empêche que j’aurais bien aimé mettre aussi les Mothers de Frank Zappa, Tim Buckley, les Troggs, Buffalo Springfield, The Left Banke, Otis Rush, les Monkees, The Lovin’ Spoonful, Little Brother Montgomery, Michel Polnareff, Donovan ou John Mayall et ses Bluesbreakers avec Eric Clapton, j’en passe et des meilleurs…