Virtuoses de la guitare, les deux Mexicains rendent ici hommage à toutes leurs influences, très variées. Ils continuent d’impressionner au delà de la performance technique. Un bel exemple de générosité !
Ce troisième album de Gabriela Quintero et Rodrigo Sanchez devraient confirmer le succès de leur précédent disque qui révélait un mélange de guitares sud américaines et d’un fond de métal. Metalleux frustrés, les deux guitaristes furent découvert par Damien Rice, roi de la folk triste.
Il a dû apprécier toute la passion qui habitait les accords du duo, capables de foudroyants morceaux de bravoure, assez irrésistibles et particulièrement entraînants ! World music inspirée d’un rock plus percutant, le style de Rodrigo y Gabriela a de quoi surprendre et surtout plaire à plusieurs publics.
Désormais le duo tourne autour de la planète pour des concerts explosifs et font autant penser à Paco de Lucia qu’à Metallica. Face à ces nombreuses sources d’inspiration, le duo a décidé de les assumer. Dans ce nouvel album, chaque chanson correspond à une influence.
Les amateurs de rock apprécieront les citations empruntés à Santana, Jimi Hendrix, Pantera ou Pink Floyd. Les six cordes se font aussi plus respectueuses pour quelques monstres sacrés d’Amérique du sud comme Astor Piazzola.
Cela penche parfois vers un jazz rock à la limite du rock prog. Heureusement les deux compositeurs savent écrire des chansons qui se basent sur l’acoustique : cela évite (presque) un style ampoulé et indigeste. Difficile de dire si l’élégance est de mise chez ces deux brillants techniciens de la six cordes.
Ce n’est pas du jazz manouche. Nourris par une grande diversité, Rodrigo y Gabriela assument une vraie modernité, qui ne peut pas plaire aux puristes mais qui sait être convaincante car ouverte sur des genres multiples. Leurs albums prouvent une grande ouverture d’esprit et cela dégage les oreilles.
Les morceaux sont héroïques une fois de plus mais bien souvent jubilatoires. Généreux dans l’effort, le couple est malicieux et propose des idées dans chaque titre. "11 :11" déborde d’énergie et emporte la mise grâce à cela !
Pas toujours fin, cet album a du caractère et du cœur. Ce ne sont pas quelques fautes de goût qui vont nous empêcher d’apprécier ces bienveillants et habiles guitaristes.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 07/11/2009